Cahors… Sa cathédrale Saint-Etienne, ses rues médiévales, son vin rouge, son foie gras, ce gâteau aux pommes que l’on appelle « Pastis » et sa conférence des territoires…

Jeudi prochain la préfecture du Lot accueille cette grand-messe de l’Etat et des élus locaux mais Edouard Philippe en profitera pour se poser à Cahors… Avec une cinquantaine de collaborateurs, le Premier ministre travaillera là-bas, arrivée mercredi après-midi, départ vendredi après-midi…

Donc Edouard Philippe « délocalise » Matignon à Cahors ? Ca ressemble d’abord à de l’affichage ?

L’entourage du Premier ministre ne s’en cache pas « c’est symbolique » mais c’est aussi « utile… Edouard Philippe veut du temps pour écouter et dialoguer »… Le maire socialiste de Cahors, interrogé par La Dépêche du Midi est ravi « c’est forcément une satisfaction car la ville va se retrouver sur le devant de la scène »… Même son de cloche chez le député LR Aurélien Pradié il nous parle « d'une bonne nouvelle pour le Lot, je suis respectueux du Premier ministre mais je suis aussi exigeant… Je ne serai pas le ravi de la crêche »… Il faut dire que l’exécutif a besoin de se faire pardonner des élus locaux, l’été 2017 a été meurtrier ! Entre l’annulation de certains crédits, la suppression de certains contrats aidés et le coup de rabot sur les APL qui fragilise les bailleurs sociaux, le quinquennat Macron a mal débuté avec les élus locaux et c’est très surprenant… 

Surprenant ? Pourquoi ? 

Regardez les mandats locaux qu’ont exercés les ministres… Edouard Philippe, maire du Havre et conseiller départemental de Seine-Maritime… Gérard Collomb, maire de Lyon… Gérald Darmanin vice-président de la région Hauts-de-France et maire de Tourcoing… Jean-Yves Le Drian maire de Lorient et président du conseil général de Bretagne… Nicole Belloubet adjointe au maire de Toulouse… Jacques Mézard conseiller général du Cantal et conseiller municipal d’Aurillac… Jacqueline Gourault, maire de La Chaussée-Saint-Victor et conseillère générale du Loir-et-Cher

Les anciens maires de Fortcalquier et Mont-de-Marsan ou encore l'ex président du conseil général de l’Eure sont aussi ministres… On imagine la déception de leurs anciens homologues et l’on a vu les conséquences politiques : la République En Marche a raté ses sénatoriales et le parti Les Républicains se pose en défenseur de la France des territoires méprisés par « les parisiens »… Alors ne soyons pas de mauvaise foi, cette délocalisation à Cahors c'est d'abord une opération de communication, mais si Edouard Philippe ne faisait rien, on lui reprocherait de rester enfermé à Paris… Reste que le député du Lot Aurélien Pradié est inquiet, il est en contact avec les équipes du Premier ministre et eur reproche « d’attendre que les élus locaux applaudissent sans poser de questions », Aurélien Pradié aimerait parler des problèmes de santé et des initiatives locales en la matière mais les conseillers lui répondraient que ce n’est pas à l’ordre du jour : « ils viennent faire passer des messages mais nous aussi avons des messages à leur faire passer »… 

Hé oui, il ne suffit d’aller loin de Paris pour se décentraliser… La décentralisation, c’est d’abord dans les têtes !

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.