Il n’a jamais été facile dans une Vème République créée contre les partis politiques d’être le parti du président. Parti godillot, parti aux ordres, parti fantoche ?

Quand beaucoup se décide à l’Elysée, un peu à Matignon et que le Parlement est aux ordres, que reste-t-il au parti, même majoritaire ? 

On a connu tous les cas de figure : le fidèle qui garde la boutique (Jospin au PS de 81 à 88 sous Mitterrand), le premier ministre président du parti (Alain Juppé au RPR de 95 à 97 sous Chirac), des secrétaires généraux qui se sont ennuyés ferme (Xavier Bertrand à l’UMP de 2008 à 2010 sous Sarkozy). Sous François Hollande, le PS a connu Harlem Désir (qui n’a pas vraiment fait date) puis Jean-Christophe Cambadélis.

Souvent, à la fin du premier mandat, l’Histoire se finit mal pour le parti du Président

En 88, Mitterrand est réélu mais deux ans après c’est l’épouvantable congrès de Rennes, la valse des premiers secrétaires, les affaires et l’humiliation aux législatives de 93. En 2002, Chirac dissout carrément le RPR qu’il avait créé pour le remplacer par l’UMP. 

En 2012, après Sarkozy, l’UMP explose en Copé et Fillon et en 2017 après le quinquennat Hollande ; on sait dans quel état se trouve le Parti Socialiste. Généralement, les élections locales ou intermédiaires se passent mal pour le parti au pouvoir qui perd alors des mairies, des départements, des régions et par la même occasion des postes de conseillers, de membres de cabinets, postes précieux distribués aux sympathisants ou aux adhérents. 

Les partis vaincus finissent aussi par perdre de l'argent quand ils perdent les législatives.

La République En Marche peut-elle échapper à cette malédiction ?

C'est possible. Dans une semaine tout juste le mouvement d’Emmanuel Macron tient sa première convention à Lyon. On en a eu la confirmation cette semaine, le dévoué Christophe Castaner adoubé par Emmanuel Macron sera seul candidat à la délégation générale. 

Ca ne sent pas l’émancipation de la République En Marche qui, comme le PS de Mitterrand et le RPR de Chirac, est d’abord une machine électorale. Que restera-t-il des promesses d’horizontalité ? Le président Jupiter aime-t-il autant la démocratie participative que le candidat Macron ? On verra très vite si La République En Marche échappe à la malédiction, si les adhérents s’y retrouvent, si leurs propositions remontent, on verra aussi si Christophe Castaner demeure porte-parole du gouvernement, cumul difficile qui ferait passer le dirigeant du parti pour le perroquet de l’exécutif. 

En même temps, pas question d’avoir un parti frondeur qui déborderait l’exécutif. Mais La République en Marche a deux cartes majeures dans sa main :

  1. Son idéologie se construit au fur et à mesure donc elle peut éviter d'être dans l'incantation ou dans la promesse intenable
  2. Ce parti tout neuf aura tout à gagner aux prochaines élections : des députés européens, des conseillers départementaux et régionaux, des maires et des conseillers municipaux. 

Rien à perdre tout à gagner, c'est tout de même assez confortable.

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