Ce week-end, la France Insoumise aurait dû tenir sa convention nationale. Mais elle a été reportée fin-novembre.

Casserolades devant l'Assemblée Nationale à l'appel de la France Insoumise
Casserolades devant l'Assemblée Nationale à l'appel de la France Insoumise © Maxppp / Aurelien Morissard

Convention rythmée par deux jours de débats pour se structurer et installer un véritable mouvement ; ce rendez-vous a donc été reportée à la fin-novembre même si les travaux préparatoires de consultation de la base continuent.

Officiellement, il est question d’agenda car Jean-Luc Mélenchon et les siens voulaient d'abord se concentrer sur la riposte aux ordonnances et sur la marche parisienne.

Mais du côté des Insoumis l'on reconnaît aussi que la tâche n’est pas si facile car la naissance de la France Insoumise a été un « joyeux bordel » explique Manuel Bompard, directeur de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon : « Le mouvement s’est créé à travers deux campagnes électorales, il y a eu des initiatives un peu partout, la convention doit tout remettre à plat ».

Les Insoumis doivent fixer un cadre général sans être dogmatique, trouver la bonne équation entre l’horizontalité et la verticalité. Entre ce vaste chantier et un agenda de rentrée chargé « ce week-end ç’aurait été trop tôt » reconnait Manuel Bompard.

Jean-Luc est l’homme politique le plus Vème République qui soit

La tentation de la verticalité existe bien chez Jean-Luc Mélenchon. Il suffit de voir et d'étudier sa gestuelle, la voix, le vocabulaire et les références intellectuelles de ce tribun admirateur éperdu de François Mitterrand qui s’est présenté deux fois à l’élection suprême présidentielle.

« Jean-Luc est l’homme politique le plus Vème République qui soit » confie un député Insoumis. Jean-Luc Mélenchon porte en lui une verticalité gaullienne exprimée le 23 septembre dernier Place de La République à Paris avec son appel à la « Résistance » contre la « chienlit libérale » en mettant un million de personnes sur les Champs Elysées.

Il y a un peu de De Gaulle, même si l’on attend toujours le million de manifestants. « L’horizontalité n’est pas dans la culture politique de Jean-Luc mais il apprend et il m’étonne car on débat beaucoup dans nos réunions de groupe » ajoute son collègue qui lui reconnaît des trésors d’écoute et de palabres et laisse une grande marge de manœuvre à ses collègues : « Il ne voulait pas que les hommes renoncent à la cravate, il craignait que l'amendement sur le retrait du drapeau européen soit récupéré par le FN mais il a laissé faire ».

Mais parfois, le chef se reprend à cheffer, par exemple quand les Insoumis de Corse passent un accord pour les élections locales avec les Communistes Mélenchon dénonce une « tambouille ». Selon Manuel Bompard, les comités locaux n’étaient pas d’accord entre eux mais il n’empêche, cela ressemble quand même à un oukaze venu d’en haut.

L’insoumission est-elle soluble dans l'organisation ?

A cette verticalité personnelle s'ajoute le parcours politique de Jean-Luc Mélenchon qui a milité pendant 32 ans au sein d'un Parti socialiste vertical et pyramidal avec ses congrès, ses motions, ses sections, ses fédérations, très loin de l'esprit Nuit Debout.

Un député PS qui parle régulièrement avec lui décèle chez Jean-Luc Mélenchon « une sorte de nostalgie quand il me disait vous allez vraiment vendre Solférino ? Mais c’est notre histoire ! ».

L’Insoumission est-elle soluble dans l'organisation ? Comment organiser un mouvement pour que la France Insoumise ne soit pas qu'un label ou une écurie électorale ? Ce vaste débat mérite bien de prendre un mois et demi supplémentaire pour y réfléchir.

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