Ce sera bientôt le cas d’Edouard Philippe qui va bientôt être exclu du parti Les Républicains.

Faut-il être membre du parti majoritaire pour être Premier Ministre ?
Faut-il être membre du parti majoritaire pour être Premier Ministre ? © AFP / Pascal LACHENAUD

Nul besoin de revenir sur ce feuilleton navrant pour LR avec tous ses atermoiements, Edouard Philippe, très occupé à Matignon n’a même pas répondu au courrier de la direction du parti, bientôt il ne sera plus membre de LR lui qui était le premier collaborateur d’Alain Juppé en 2002 quand ce dernier avait fondé l’UMP, bientôt il ne sera plus « encarté ».

En quoi une carte en plastique changerait la donne ?

En soit non ce n'est pas un problème pour lui, à Matignon l'on est presque irrité par ce débat : « Les Français ne nous posent pas la question, ça n’intéresse que vous. En quoi cela peut l’atteindre dans l’exercice de sa fonction ».

L’entourage d’Edouard Philippe se demande même « en quoi une carte en plastique changerait la donne ». Vu comme ça, il est vrai qu'avoir la carte d’un parti n’est pas une garantie : Michel Rocard Premier ministre était bien membre du PS mais minoritaire au sein du parti et en conflit avec François Mitterrand, Edith Cresson a été massacrée par sa majorité, Manuel Valls a eu les frondeurs.

Inversement il y a bien longtemps, Michel Debré et Georges Pompidou n’étaient pas « membres » d’un parti et ils ont pu gouverner sans grande difficulté. Le vrai défi d'Edouard Philippe sera plutôt d’être le chef incontestable de la majorité parlementaire car dans les semaines à venir, il faudra tenir bon avec un agenda très lourd à l'Assemblée (les ordonnances sur le code du travail, le budget, le budget de la Sécurité sociale) qui nécessite des députés pugnaces, réactifs, bons connaisseurs des textes débattus et du règlement intérieur et bons orateurs.

Le Premier ministre aura besoin de whips comme l’on dit en Angleterre ou aux Etats-Unis mais le groupe REM est toujours en cours de structuration. Jusqu’ici Richard Ferrand a été freiné par l’enquête judiciaire, saura-t-il passer à la vitesse supérieure ? La majorité tiendra-t-elle le choc ? Pour l’instant Edouard Philippe est respecté et plutôt apprécié des députés En Marche même si ces derniers ont plus d’affection ou d’admiration pour Emmanuel Macron.

Voilà donc posé un double-défi à la majorité : faire émerger ces députés whips et qu'Edouard Philippe - sans grand réseau au sein de la majorité, sans compagnons politiques avec des années de militantisme en commun - s'impose comme le chef nature de la majorité.

Des amis peu utiles pour le moment

Pourtant, Edouard Philippe a de vrais amis, politiques et personnels au sein de l'Assemblée. Sauf que ces derniers ont encore bien du mal à se situer : ce sont ces Constructifs de droite conduits par Thierry Solère et Franck Riester. Eux aussi risquent d’être exclus de LR ; globalement ils soutiennent le gouvernement mais formellement ils sont enregistrés dans groupe d'opposition !

Par ailleurs, il n'y a que 26 députés Constructifs pas toujours d’accord entre eux qui n’ont pas vraiment affaibli le groupe LR. Pour l'instant, ils ne font pas figure de groupe « philippiste » ou « philippien » alors que François Bayrou dispose de 47 députés MODEM bel et bien inscrits dans la majorité. Cet automne sera un test pour Edouard Philippe.

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