Le congrès du MODEM se tient aujourd’hui et demain à Paris, l’occasion de se demander qui est son président.

Est-il Henri IV - béarnais comme lui dont il a écrit une biographie - qui avait su réconcilier la Nation déchirée par des guerres de religions quand Bayrou voulait réconcilier les Français en transcendant le clivage gauche-droite ? 

Est-il Bonaparte tant le Mouvement Démocrate apparaît comme le parti le plus bonapartiste de France ? Bayrou président-fondateur du parti il y a 10 ans était le seul candidat à sa succession réélu hier avec 93,8% des voix après un vote électronique mais qui n'a même pas attiré la moitié des 12.000 adhérents...

Est-il François Mitterrand, pétri d'Histoire et de Littérature ? Aimant autant flâner dans les rues de Paris que dans une forêt mais plus que tout obsédé par l’Elysée ? Mitterrand a été élu à sa troisième candidature présidentielle et réélu à la quatrième là où Bayrou a calé trois fois au premier tour ? 

Faiseur de roi

En réalité, François Bayrou est un peu de ces trois-là mais jamais complètement car contrairement à Henri IV, Bonaparte ou François Mitterrand il n’a pas exercé le pouvoir suprême. Pourtant il a contribué à l’élection d’Emmanuel Macron. 

Souvenons-nous de ce mercredi 22 février 2017 quand il propose une alliance à Emmanuel Macron, cela faisait des semaines et des semaines qu’il y réfléchissait avec trois de ses proches mis dans la confidence : Marielle de Sarnez, Jacqueline Gourault et le chef de file des députés MODEM Marc Fesneau. « Il a accepté de ne plus être le premier mais il a fait la victoire de Macron » explique l’un d’entre-eux. François Bayrou confie « 24% divisé par 2, ça fait 12%, si Macron et moi on se présentait, c’était Fillon / Le Pen ou Mélenchon / Le Pen au second tour ». L'admirateur d’Henri IV se bel et bien en faiseur de roi.

Désormais le MODEM est le deuxième pilier de la majorité - même si la République En Marche a la majorité absolue sans lui - avec quelques idées fixes comme la construction européenne et la dimension sociale du projet majoritaire.

« Le prix de notre existence » 

Les alliés de Bayrou dans les années 2000 partis à l'UDI ont longtemps critiqué son autoritarisme, son inconstance par exemple quand il avait voté Hollande, son pouvoir destructeur passant de 113 députés UDF en 1997 à 1 député MODEM en 2012. 

Mais aujourd'hui ils sont 47 députés MODEM « c'était le prix de notre existence, le prix à payer pour sauver le centre démocrate-chrétien. Il est temps que les centristes de l'UDI alliés à LR réalisent qu’avec Wauquiez la droite est très à droite » décrypte un cadre. 

La famille de pensée de François Bayrou a donc survécu c'est vrai mais les derniers mois ont été plus chaotiques pour lui avec seulement 35 jours aux ministère de la Justice. Il aura été - pour parler comme les cyclistes - un porteur d'eau de luxe pour Emmanuel Macron mais aujourd’hui les affaires des assistants du MODEM, son âge (65 ans) et l’âge d’Emmanuel Macron (40 ans) jouent contre lui. Pour l’un de ses intimes François Bayrou « ne pense à rien de précis… Peut-être qu’il pense aussi à tout ».

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