C’est une information de la Nouvelle-République qui a enflammé les réseaux sociaux et le débat politique : Emmanuel Macron qui aura bientôt 40 ans fête ce weekend son anniversaire au château de Chambord.

L'information révélée par La Nouvelle-République a enflammé les réseaux sociaux et le débat politique : Emmanuel Macron fête ce weekend ses 40 ans à Chambord. Sur ses deniers privés, le chef de l’Etat loue un gîte dans le domaine de Chambord et la soirée d’anniversaire privée s'est déroulée samedi soir dans un salon du château. Il n'y a donc pas de souci sur une éventuelle utilisation de moyens publics pour une fête privée (sauf pour la sécurité du Président comme toujours) mais un vrai souci de symboles. 

Or, Emmanuel Macron s'y connaît en la matière entre la poignée de main à Trump, la Pyramide du Louvre, la colline de la Pnyx à Athènes, la Sorbonne ou le cercueil de Johnny qu'il n'a pas béni pour éviter toute polémique sur la laïcité... Difficile d'imaginer qu'il n'ait pas perçu la puissance symbolique de Chambord. Autant la soirée à La Rotonde le soir du premier tour était une polémique pour rien autant Chambord a une portée éminemment politique car il relie de façon flamboyante la République à la Monarchie. 

En effet, Chambord est un instrument édifié à la gloire de François Ier (aujourd’hui l’on dirait du soft power) son rival Charles Quint aurait même été au bord de l’apoplexie en 1539, soufflé de découvrir tant de magnificence. Mais aujourd'hui Chambord est un instrument d'influence pour la République. La présidence de la République administre directement le domaine qui accueille toujours « des battues de régulation » - on disait avant « les chasses présidentielles » - qui sont toujours des moments de rencontres entre politiques, hauts-fonctionnaires, grands patrons, diplomates ou dirigeants étrangers. 

Durant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait promis de redonner tout leur lustre aux chasses abolies dans leur forme la plus aristocratique par Nicolas Sarkozy en 2010. 

« Giscard 2.0 »

Ce risque de confusion dope les opposants de gauche et de droite depuis 24 heures. Selon eux, Macron à Chambord symbolise le "Président des riches", etc. Si François Ier et ses successeurs étaient monarques à vie et dans la vie, le chef de l'Etat a droit à une vie privée. Dans l'exercice du pouvoir, le Président Emmanuel Macron n’hésite pas à déployer toute la pompe républicaine héritée de la Monarchie, par exemple en recevant Vladimir Poutine à Versailles. 

Mais dans sa vie privée, Monsieur Macron Emmanuel aurait tout intérêt à se tenir à bonne distance de ces lieux fastueux sauf à ressembler à « un Giscard 2.0 » pour paraphraser l’ancien ministre socialiste Mathias Fekl dans Libération. Jupiter doit descendre de son Olympe quand il est parmi les hommes, surtout quand il s’agit de fêter son anniversaire... A croire que l’on n’est pas sérieux quand on a 40 ans.

Pourquoi se priver ?

Cela dit, Emmanuel Macron a toujours revendiqué une grande liberté dans sa vie privée et dans sa vie publique et professionnelle. En épousant une femme plus âgée que lui, en transgressant tous les codes politiques, il a montré son indépendance d’esprit et d’action. 

Alors pourquoi ne pas fêter son anniversaire dans un gîte rural confortable à Chambord avant d'aller voir le panda du zoo de Beauval ? Les français aiment leur patrimoine, les gîtes chaleureux et les pandas ; c'est la France que l'on aime façon Stéphane Bern alors pourquoi se priver ? On le voit dans les réactions de ses soutiens sur les réseaux sociaux, les journalistes seraient indécrottables, trop accaparés par le buzz ou les anecdotes. C’est parfois vrai mais pas toujours et surtout pas aujourd’hui. Mais Emmanuel Macron ne répondra pas à d'éventuelles questions sur cet anniversaire bien innocent et pourtant bien gênant. 

Il est pourtant invité de France 2 dimanche soir dans une interview enregistrée mardi soir consacrée essentiellement aux enjeux climatiques et avec une question sur l’audiovisuel public qu’il aurait qualifié de « honte de la République ». Avec cette interview soigneusement bordée enregistrée 5 jours avant pour éviter toute contrariété de l’actualité, le Président n'aura pas seulement réveillé les souvenirs de la Monarchie mais aussi ceux de l’ORTF. 

Et ça, c’est un peu la honte.

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