Dans une semaine tout juste se déroulent les élections sénatoriales. Un homme est entièrement absorbé par cette campagne, le Président du Sénat Gérard Larcher.

En TGV ou en voiture, il se démultiplie Gérard Larcher. Soixante départements visités depuis trois ans dont une vingtaine depuis le mois de juin.

Aujourd’hui au Mont-Valérien, les Hauts-de-Seine, demain les Yvelines dont il aura visité 262 communes, mercredi la Savoie, mercredi soir le Val-de-Marne, jeudi la Seine-et-Marne... Il est lui-même candidat LR dans les Yvelines mais il fait aussi campagne pour les autres et campagne pour sa réélection au Plateau (surnom de sa tribune au Sénat face à l'hémicycle).

A quoi ressemble une campagne sénatoriale ?

Ca n’a rien à voir avec une campagne législative... On ne fait pas les marchés ou les gares, pas des grandes réunions publiques car ce sont les grands électeurs (parlementaires, maires, conseillers municipaux régionaux et départementaux) qui vont élire les sénateurs, et comme le vote est obligatoire il faut les soigner.

Gérard Larcher passe du temps avec les élus

Tables rondes, réunions publiques, visites d'entreprises, de centres de formation ou d’exploitations agricoles ; le pêcheur et chasseur Larcher est à l’affût de la moindre voix.

Il aime passer la journée et même dormir là où il fait campagne ; pas question d’allers-retours éclair avec la capitale :

Je suis le client préféré des sous-préfectures

...ironise le deuxième personnage de l’Etat logé par la République lors de ces déplacements. Pour le sénateur LR Bruno Retailleau, « Larcher aime la France rurale, celle des agriculteurs et des petits commerçants ».

Façon IIIème République, il accorde beaucoup d’importance aux déjeuners avec les élus : « Pour lui, le déjeuner est convivial et politique confirme l’un de ses plus proches collaborateurs, Larcher est attaché au vieux monde ».

Bruno Retailleau explique que Gérard Larcher « a ce physique tout en rondeurs mais c’est une machine de guerre, il a une énergie ronde, pas une énergie pointue mais c’est toujours de l’énergie ».

Politiquement , que défend Gérard Larcher ?

La droite est persuadée de conserver le Sénat et Larcher se présente en point d'équilibre, en gaulliste social : « Il embrasse large à droite et à gauche » pense Bruno Retailleau. « Il incarne la droite conservatrice » jugele député PS Luc Carvounas qui fut sénateur pendant 6 ans. « Il nous offre de la bonhommie mais il est dur, il sait cliver et mettre du rapport de force ».

Garder le Sénat à droite, c’était l’objectif de Gérard Larcher. Traumatisé par l’élection d'une majorité socialiste en 2011, il avait dû quitter le Plateau, une première historique pour la droite et une humiliation pour lui : « C’est un un anxieux, raconte Bruno Retailleau, pour lui cette défaite reste un spectre ».

France périphérique

Dès son retour en 2014, Gérard Larcher a donc labouré le terrain, et a trouvé un allié inattendu : Emmanuel Macron, qui a décidé de geler des crédits pour les collectivités locales.

Gérard Larcher veut donc incarner les « territoires d'à côté », cette France éloignée des métropoles. Même le socialiste Carvounas lui reconnaît cette incarnation.

Gérard Larcher défend aussi "un contre-pouvoir législatif éclairé". Un proche nous dit :

Il est dans le temps long, pas dans la pulsion

Comme si à lui seul Gérard Larcher pouvait ralentir le tempo infernal du nouveau pouvoir... C’est peut-être ça l’énergie ronde, en opposition à l’énergie pointue d’Emmanuel Macron.

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