Le malade socialiste est encore convalescent, grand brûlé de la politique, traumatisé de cette année 2017 hors-norme.

Aujourd’hui rue de Solférino à Paris le siège du Parti Socialiste mis en vente est vide et silencieux. Les caisses aussi sont bien vides au point de devoir licencier une partie du personnel. Selon Le Monde le trésorier a dû céder son bureau à la personne chargée de mettre en œuvre ce plan de licenciement. Avec sa direction collégiale de 28 personnes le parti est inaudible et pourtant au PS on se remet à penser. Ce matin au siège du PS des socialistes se retrouvent ce matin en séminaire pour réfléchir à l’avenir de la social-démocratie. Cette petite assemblée composée d’anciens élus socialistes - parfois battus aux dernières législatives ou aux dernières municipales - comme l’ancien maire de Grenoble Michel Destot, l’ancien député d’Argenteuil Philippe Doucet, l’historien du socialisme Alain Bergougnoux, on trouve des hollandais, des ex-vallsiste, des rocardiens, des ex Strauss-Khaniens veut réfléchir à quelle Liberté, notamment la liberté par rapport au numérique et aux algorithmes ? Quelle Egalité, par rapport à l’Ecole, la  précarité professionnelle ou l’accès aux crédits bancaires ? Quelle fraternité autour des questions de vivre-ensemble ?  

Un espace à occuper au centre-gauche social-démocrate 

Les participants à ce séminaire estiment que la social-démocratie est arrivée au bout de son histoire et qu’il faut la réinventer autour de ces questions pour occuper un nouvel espace au centre-gauche. Selon eux, Emmanuel Macron est devenu un Président de centre-droit, Laurent Wauquiez va prendre LR sur un créneau très à droite avec une Marine Le Pen affaiblie, à gauche les Insoumis vont patiner et le PS est en train de se vider de son courant de gauche en train de partir avec Benoît Hamon. Les participants au séminaire ce matin ne sont même pas dans une logique de Congrès « on est des nobody, des inconnus si vous préférez, on ne vise rien personnellement et en plus le parti n’a plus de présidentiable. C’est le moment de réfléchir puisqu’il faut tout refaire du sol au plafond ». François Hollande lui-même - qui reçoit beaucoup dans son bureau parisien – estime que le parti doit faire ce travail intellectuel et de reconnexion avec le terrain. Pour l’ancien président de la République il y aura à terme un vaste espace à reprendre au centre-gauche mais il faudra du temps. Mais le travail intellectuel est immense, celui ou celle qui rénovera le parti est-il prêt à se dévouer quitte à passer son tour pour la présidentielle ? Faut-il au contraire dès aujourd’hui un Mitterrand qui refonde le parti et qui soit le candidat naturel à la présidentielle ? En attendant de trancher, le PS commence à bouger et à réfléchir. Samedi prochain, Stéphane Le Foll en réunion publique à la Bellevilloise (Paris) pourrait se lancer au Congrès. Mais pour espérer profiter de ce timide réveil, chaque Socialiste devrait d’abord penser avant de penser à lui.

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