Il y a chez Emmanuel Macron un air de Kermes le perse, le fabuleux lanceur de javelot dans le dessin animé "Les douze travaux d'Astérix".

Kermes le perse a un bras droit énorme par rapport au reste de son corps, un peu comme Emmanuel Macron qui travaille beaucoup son bras droit ou sa jambe droite ou son hémisphère politique droit. On est loin d'une éventuelle inflexion à gauche du Président au contraire, toute cette semaine il a musclé sa droite.
 

Avez-vous déjà vu une semaine où Macron a été de gauche ?

Dimanche dernier : interview à la télévision où il annonce que les immigrés clandestins condamnés seront expulsés. Mardi : sa grande opération de communication de lutte contre la pauvreté n'est qu'une concertation laissant les associations sur leur faim. Mercredi, discours sur la sécurité où il explique bien que la Police du quotidien ne sera pas une Police de proximité "ce n'est pas aller jouer au foot avec les jeunes". Emmanuel Macron répond à des critiques formulées par Nicolas Sarkozy il y a 14 ans quand il avait démantelé la Police de proximité, comme s'il fallait absolument rassurer l'électorat de droite. Pendant ce temps, les débats sur le budget continuent avec Bruno Le Maire et Gérald Darmanin et l'abolition vendredi de l'Impôt de Solidarité sur la Fortune. Et ce n'est pas une éventuelle commémoration de mai 68 avec un Daniel Cohn-Bendit rangé des voitures gauchistes qui va adoucir la tendance. Un ancien ministre de François Hollande fait mine de s'étonner "avez-vous déjà vu une semaine où Macron a été de gauche ?"

Les réserves de voix se trouvent dans l'électorat de droite

D'un point de vue stratégique, Emmanuel Macron croit sans doute aux politiques qu'il mène, économique ou sécuritaire et d'un point de vue tactique, il a asséché le PS vidé de sa substance social-démocrate ou social-libérale. Il a peu de chances de ramener à lui les électeurs Insoumis, à peine plus de chances avec ceux du Front National en revanche, il dispose chez les électeurs de droite qu'Emmanuel Macron doit rassurer comme les retraités (nombreux à voter à droite) inquiets de la hausse de la CSG en leur parlant sécurité et baisse d'autres prélèvements obligatoires. Il promet aussi un large débat sur la PMA sans "heurter les consciences".
 

En siphonnant la droite Emmanuel Macron peut parachever le cycle électoral de 2017 et n'avoir plus sur le champ de la bataille que la République En Marche, la France Insoumise et le FN. Dans le monde ancien, on observe la manoeuvre et l'on tente de se rassurer "je pense qu’il aura un problème avec sa majorité s’il continue à droite parce que 90% de sa majorité vient de la gauche" explique un proche de Nicolas Sarkozy. En attendant, aux yeux des Français Emmanuel Macron est bien Kermes le perse, le fabuleux lanceur de javelot au bras droit outrageusement musclé. Dans un sondage Ipsos Sopra Steria pour France 2, 55% des personnes sondées estiment qu'Emmanuel Macron mène une politique plutôt de droite.

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