En ce jour d'élections sénatoriales...

Avant-hier dans le 7-9 de France Inter Régis Debray expliquait préférer les sénateurs aux start-uppers, les vieux-cons aux jeunes cons car les vieux-cons restent moins sûrs d’eux et surtout, ils savent d’où ils viennent... Plus sérieusement, il est de bon ton de parler de cet hémicycle d’hommes chenus, ventrus, très majoritairement blancs de peau et de cheveux, ça n’est pas faux mais c’est un peu réducteur alors vive le Sénat !

Mais pourquoi un tel enthousiasme ?

Parce qu’au Sénat les débats en séance et en commission, ou les rapports thématiques sont de très bon niveau et surtout, les sénateurs échappent encore à ce cocktail politico-médiatique terrible : quinquennat –information continue –réseaux sociaux où une information chasse l’autre, où l’on survole plutôt que l’on approfondit... Notamment parce que le mandat de sénateur dure 6 ans et que la chambre est renouvelée par moitié tous les 3 ans ce qui la déconnecte de la présidentielle et des législatives...En 2008, Jean-Pierre Raffarin avait échoué à devenir président du Sénat car il était trop connu et surtout il avait effrayé les sénateurs de droite en leur disant « n’ayez pas peur du système médiatique »... Le Sénat échappe donc aux injonctions partisanes, présidentielles et médiatiques...

Mais tout n’est pas parfait au Sénat ? A commencer justement par ce mode de scrutin indirect ?

C’est vrai... Les sénateurs sont élus par les grands électeurs parlementaires, conseillers municipaux, départementaux ou régionaux, ce scrutin reste donc confidentiel, parfois incompréhensible avec toutes ces listes dites « apolitiques» ou « non-partisanes » c’est à dire de droite sans compter les coups fourrés qui s'organisent au Palais du Luxembourg... Je ne sais si vous y êtes déjà allé mais on y mange très bien, on y parle à voix basse, on se salue onctueusement et l’on raconte que les tapis sont rouges et épais pour absorber sans bruit le sang des victimes des complots politiques...

Cela dit, plusieurs réformes ont permis d’aérer et de dépoussiérer le Sénat ?

Heureusement ! Par exemple, le non-cumul des mandats / la suppression de la réserve parlementaire et des emplois familiaux qui favorisaient le vase-clos entre élus locaux et sénateurs / la parité qui féminise peu à peu la Haute-Assemblée, en attendant le non-cumul dans le temps et la diminution du nombre de sénateurs... Mais le Sénat reste parfois déplaisant : aujourd'hui se présentent un grand nombre de battus aux dernières législatives ou d’ex-députés qui ont ne se sont pas représenter par peur d’être battus... Mediapart nous racontait ces derniers jours comment l’UMP au Sénat avait mis en place une caisse-noire, renvoyant la pire image possible de notables qui se paient sur la bête... Mais au-moins tout cela est sur la place publique... Vive le Sénat donc, car il y a besoin de temps long et de réflexion en attendant, peut-être de dire un jour « vive les sénateurs et vive les sénatrices ! »

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