A moins que les banques ne veuillent faire sauter le Front National !

C’est en tout cas la théorie de Marine Le Pen, mardi matin France Inter et Médiapart vous révélaient que la Société Générale allait fermer les comptes que les FN avait ouvert chez elle... Et le lendemain Marine Le Pen annonçait lors d’une conférence de presse qu’en plus, HSBC avait fermé le compte personnel de la présidente du Front National et qu’elle voulait porter plainte contre les deux banques… Cette semaine, Marine Le Pen a déclaré la guerre aux banques, au point que le Front National a organisé hier des rassemblements ou distribué des tracts contre la société générale...

Justement Frédéric vous avez assisté à cette conférence de presse mercredi au siège du FN à Nanterre… Comment était Marine Le Pen ?

Très fâchée… Très tendue… Elle est arrivée pile à l’heure, à 11 heures et demi ce mercredi matin… 3 drapeaux français derrière elle, jamais de drapeau européen… A côté d’elle le trésorier du parti Wallerand de Saint-Just, pas loin d’eux tout l’état-major du parti, Marine Le Pen a d’abord lu sa déclaration, visage fermé, la voix mécanique elle a dénoncé l’attitude des banques Cette conférence de presse était prévue avant que nous révélions ces informations sur la Société générale, la présidente du FN voulait les annoncer elle-même pas de chance, France Inter et Mediapart ont été plus rapides... Marine Le Pen avait donc deux raisons d'être en colère : un ce n'est pas agréable d'être mis dehors par sa banque, deux pas agréable non-plus de voir son plan de communication court-circuité car Marine Le Pen voulait profiter de cette mauvaise nouvelle pour faire de la politique... Et c'est quand même ce qu'elle a fait !

C’est-à-dire ?

C’est-à-dire qu’elle n’arrive à se remettre de son débat raté entre les deux tours de la présidentielle et de son score assez faible face à Emmanuel Macron… Elle cherche un nouveau souffle, elle cherche à se réhabiliter, elle a donc entamé sa déclaration en disant « je suis l’opposition », « j’ai fait 11 millions de voix à la présidentielle »… Comme si ça n’allait pas de soi quand Laurent Wauquiez ou Jean-Luc Mélenchon donnent de la voix… Et puis, elle a repris son discours habituel : après « la persécution judiciaire » voici « le bannissement bancaire »… La « fatwa »… Ca sonne mieux qu’un oukaze ou un « anathème »… Nous sommes là dans les classiques absolus du Front National : la victimisation… Puis la dénonciation de l’oligarchie financière… Marine Le Pen n’oublie pas la petite dose de théorie du complot en rappelant, tiens, tiens, que le PDG de la société générale Frédéric Oudéa est un ancien conseiller de Nicolas Sarkozy et que cette banque est celle tiens, tiens du parti LR… Cela dit, la question du financement de la vie politique n’est toujours pas réglée, on se souvient que le projet de loi de moralisation de la vie publique de François Bayrou prévoyait de créer une « banque de la démocratie » pour les partis politiques, projet que le gouvernement a finalement retiré car le conseil d’Etat avait pointé de grosses difficultés juridiques… Les questions demeurent mais on le voit, Marine Le Pen ne fait pas de proposition de fond, il y avait urgence pour elle à refaire de la politique...

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