En ces périodes de fin d’année, ça concernait l’ancien monde, et ça concerne le nouveau.

Le Nouveau monde, vous savez, cet ordre instauré par Emmanuel Macron en mai dernier et repris de concert par les 300 marcheurs et quelques de l’Assemblée nationale.

Le monde nouveau a eu quelques ratés au démarrage, pas la peine d'y revenir et d'en remettre une couche.

Mais depuis la rentrée, cette assemblée a su progressivement se mettre au travail. Cent cinquante séances, plus de six cents heures de débats, une trentaines de textes votés. Ils n'ont pas chômés et les vacances sont arrivées à point nommé. 

Le rythme effréné imposé par le calendrier des réformes du Président de la République en a surpris plus d'un. Ils ont fini lessivés.

Les voir ainsi à la tâche, on ne va pas s'en plaindre, alors que les Français ces dernières années décrivait sa classe politique en privilégiée corrompue, voire bonne à rien.

Pour quel résultat ?

Sans vouloir juger de la politique menée, certains s'en chargent très bien. C'est surtout la méthode qui ici nous intéresse.

L'Assemblée a t-elle changé ? La révolution s'est elle opérée ? Les députés sont pour la plupart jeunes, trendy, boivent du Coca zéro à la cafèt'... 

Quelques règles parlementaires ont changé : sur la procédure législative, la majorité veut rationaliser le travail parlementaire, c'est-à-dire raccourcir les navettes entre l'Assemblée et le Sénat.

Derrière ces changements de façade, toujours les mêmes guerres d'influence, les volontés inhérentes à la nature humaine de conserver les postes.

Dans un an et demi, les principaux postes du Palais Bourbon seront renouvelés à mi-mandat, y compris le perchoir occupé par François de Rugy.

Le président de l'Assemblée nationale est-il a la hauteur du Nouveau monde ?

L'ancien écologiste, candidat à la primaire de la "Belle alliance populaire" puis rallié de la seconde heure d’Emmanuel Macron - certains de ses anciens amis ont qualifié cela d'opportunisme - et bien ce Nouveau monde le président de l'Assemblée nationale a bien du mal à l'incarner. Surpris lui même, peut-être d'arriver à un si haut niveau de responsabilité.

Certaines de ces décisions le font penser : en pleine polémique sur le retour Tokyo-Paris d'Edouard Philippe à 350 000€ (pas très nouveau monde ça), il y a eu une décision du bureau de l'Assemblée pour racheter un hôtel particulier, l'Hotel de Broglie, hôtel particulier de plus de 7 000 m² qui jouxte le musée Rodin. Coût de l'opération : 63 millions d'euros, plus 22 millions d'euros d’aménagement.

Un vrai gaspillage d’argent public, et encore une fois l’image d’élus tournés vers eux-mêmes, plus préoccupés par leur petit confort personnel.

Dans le même temps, certains députés proposaient, plutôt que de dépenser cet argent, de l’utiliser pour augmenter les salaires de collaborateurs parlementaires, vous savez, ces petites mains qui travaillent sans compter pour leur élu. Les élites qui veulent une jolie couchette contre le petit peuple qui n'a pas voix au chapitre, rebelote...

L’objectif avoué est donc de trouver de la place pour ces pauvres députés qui travailleraient dans des conditions anormales.

Là encore c'est paradoxal : Emmanuel Macron désire réduire d’un tiers les députés (il l'avait dit au congrès de Versailles). Pourquoi trouver de la place à des élus qui seront moins nombreux ? Visiblement pas grand monde n'a écouté le chef de l'Etat. 

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