"Une question d’humanité" avait dit Emmanuel Macron, affirmant que plus personne ne dormirait dans la rue après le 31 décembre 2017. Au-delà de cette promesse non tenue, que faut-il retenir ?

Ne pas parler des vœux d’Emmanuel Macron.

Non. tout simplement pour ne pas tomber dans le piège tendu par l'Elysée qui a décidé de ne rien laisser filtrer. Et qui a décidé de verrouiller sa communication. Ce qui en soit est une forme de communication. 

Alors que vous raconter ? Sur le fond, du très banal. Il va parler de la France, de l’Europe, du monde. Il va se tourner vers 2018, plutôt que d'évoquer 2017, ce qui pourrait être perçu comme de l’auto-glorification.

Sur la forme, est-ce que c’est intéressant de savoir s’il sera debout ? Assis ? De dos ? En marche avec Brigitte derrière son bureau ? Non.

Du coup vous avez fini votre chronique

Non, quand même pas. J'ai envie du coup de vous parler d’une promesse du Président, promesse formulée fin juillet à Orléans.

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Emmanuel Macron : "Je ne veux plus de gens dehors !"

Par Emmanuel Macron

Une question de dignité, une question d’humanité et d’efficacité avait ajouté Emmanuel Macron, qui évoquait le sort des réfugiés.

En ces périodes de fin d’année où il est coutume de faire des bilans. Cette promesse n’est clairement pas tenue. Entre 150 000 et 200 000 personnes dormiraient encore dans la rue, selon les associations.

Pas plus tard qu'hier, le DAL l'association Droit au logement (DAL) a pénétré dans l'enceinte de l'ancien hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris pour demander à Emmanuel Macron d'y accueillir des familles mal-logées.

Attention aux dérapages de la part de certains ministres

Christophe Castaner s’est empêtré dans des explications dirons-nous maladroites. Le ministre, président de LREM, a expliqué que la promesse a été tenue. Simplement "il y a des femmes et des hommes qui refusent aussi d’être logés, et l'aide des maraudes, parce que ces personnes considérèrent, selon lui, ne pas être en sécurité ou ne pas être à l'aise dans ces centres de regroupement"

Tollé sur les réseaux sociaux fureur des associations. qui jugent ses propos indécents. 

Au-delà de cette promesse non tenue, que faut-il retenir ?

Attention aux effets d’affichage. Surtout à l’heure des verifications à tout va. Un simple discours se retrouve en quelques clics. A fortiori sur un suejt aussi sensible. Certains se sont déjà embourbés avec des promesses intenables.

Vous vous souvenez. Le candidat Nicolas Sarkozy en 2007 avait promis que plus personne ne serait obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir de froid. Il évoquait la situation des SDF, cinq ans avant lui. Lionel Jospin, Premier ministre et candidat à la présidentielle, avait lui aussi promis zéro SDF d’ici 2007. Scepticisme à l'époque des associations. Qui avaient considéré cette formule comme marketing.  

Dans un autre registre, rappelez-vous la promesse de François Hollande lors de ses premiers vœux en 2012, d’inverser la courbe du chômage. De telles annonces peuvent vous gâcher un quinquennat ; la preuve. 

Je vous parlais en début de chronique de communication politique. Il faut savoir la maîtriser, car elle peut vous revenir tel un boomerang en pleine figure.

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