Pour son roman Marina Bellezzatraduit par Françoise Brun -publié chez Liana Levi.

Silvia Avallone-Marina Bellezza
Silvia Avallone-Marina Bellezza © Liana Levi / Silvia Avallone

A la frontière du Val d’Aoste, dans les contreforts des Alpes piémontaises, la vallée du Biellois fut longtemps prospère. L’élevage, la fabrication de fromages réputés, les carrières de pierre, les filatures et nombre de petites industries dérivées donnaient du travail à tous.

Mais ici comme partout la mondialisation et ses délocalisations ont frappé, entraînant fermetures, ruines, exode des jeunes et rupture du lien entre générations. Dans l’Italie berlusconienne, la télévision est devenue la seule évasion possible, offrant la promesse fallacieuse d’une vie de star et d’un argent facile à gagner.

La ravissante Marina Bellezza, douée pour le chant, a décidé de s’évader de son enfer familial en remportant toutes les sélections du concours organisé par la chaîne de télé locale. Elle s’y applique avec une férocité et un savoir-faire sidérant chez une gamine de 20 ans, inculte et mal élevée.

Mais, dans son irrésistible ascension, Marina doit sacrifier son amour d’enfance, Andrea, qui, lui, ne songe qu’à fuir ses études et reprendre la ferme de son grand père dans la montagne.

Marina Bellezza , deuxième roman de la talentueuse Silvia Avallone , révélée en 2010 avec D’Acier , 500 000 exemplaires et déjà adapté au cinéma, est un livre drôle, plein de vie et de rage, qui décrit avec tendresse et férocité les doutes et les rêves de sa génération.

Née en 1984, Silvia Avallone n’a connu que l’Italie de Berlusconi, ses combinazione, sa course folle à l’argent, au luxe clinquant, à la vulgarité triomphante étalée à longueur d’antenne par une télévision dopée aux stéroïdes. Originaire de cette vallée des Alpes moribonde, elle plaide pour un réinvestissement du mode de vie ancien, sur la terre, tournant le dos au matérialisme et à l’individualisme, réhabilitant l’effort et la qualité. Ses deux personnages, Andrea et Marina, sont, pour elle, les symboles de ce choix qui s’offre désormais aux jeunes européens.

Silvia Avallone est, ce soir, l’invitée de l’Humeur Vagabonde. Notre interprète sera Antonella Vignoli.

Le reportage de Léa Minod

Léa Minod a croiséVictor dans un petit village de Charente Maritime, La Grève-sur-Mignon. C'était un 15 août. Mais cela aurait pu être n’importe quel autre jour, tant les rues sont invariablement calmes.

L’adolescent l’a conduite chez lui, à quelques pas de l’épicerie du village que tient sa mère. Une petite maison, une chambre encore encombrée par les cartons d’un emménagement pourtant déjà lointain. Comme pour signifier qu’il était juste de passage dans cette campagne isolée et qu’il ne fallait surtout pas s’y amarrer.

Car, pour Victor , à l'image de Marina, l’héroïne du roman de Silvia Avallone, la ville semble être un horizon, une perspective, où tous les espoirs d’une jeunesse endormie et solitaire se rencontrent.

Et comme Marina, Victor à l’œil rivé sur son portable, sur les minutes qui défilent, les messages des amis qui arrivent d’ailleurs, et qui le sortent un peu d’ici...

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