pour son livre Neverhome - traduit par Anne-Laure Tissut - paru chez Actes Sud

Laird Hunt-Neverhome
Laird Hunt-Neverhome © Actes Sud / Laird Hunt

Constance vit dans l’Indiana sur les terres héritées de sa mère, une femme déterminée qui lui a appris à se soucier du sort des autres et à ne jamais tourner les talons.

En 1862 la Guerre Civile a éclaté depuis un an entre les Etats anti esclavagistes regroupés au sein de l’Union, et les onze Etats du Sud qui ont fait sécession sous le nom de Confédération.

Le compagnon bien aimé de Constance, Bartholomew, est fragile, peureux et très mauvais tireur. Ce sera donc à elle d’aller combattre aux côtés des Bleus pour la libération des esclaves.

Poitrine bandée, cheveux coupés et chapeau enfoncé sur les yeux, elle s’enrôle sous le nom d’Ash Thompson, devenant rapidement un tireur d’élite renommé.

Ce qu’elle voit, les carnages, les absurdités, les destructions, la beauté ravagée de la nature, ses rencontres avec des hommes et des femmes abimés par la violence qu’ils doivent affronter, elle le raconte à son amant dans des lettres qui scandent son aventure.

Jusqu’à son retour chez elle où tout a changé aussi.

Neverhome , traduit par Anne-Laure Tissut aux éditions Actes Sud, est un roman passionnant, superbement écrit qui, par delà le récit historique parfaitement documenté, nous fait voyager dans un univers onirique et poétique, aux frontières de l’étrange.

Son auteur, Laird Hunt , professeur de creative writing à Denver dans le Colorado, a déjà publié quatre livres en France, où il a suivi, dans les années 80, des études de lettres modernes à la Sorbonne.

Le dernier paru,Les Bonnes Gens , en 2014, traitait déjà de la mémoire de l’esclavage à travers les récits d’une femme blanche et de deux femmes noires liées par cette violence qui empoisonne encore la mémoire de l’Amérique.

AvecNeverhome , Laird Hunt, de retour sur ces terres sudistes gorgées de sang, se glisse à nouveau dans la tête d’une femme, un lieu qu’il aime occuper pour raconter ses histoires envoûtantes.

Laird Hunt est, ce soir, l’invité de l’Humeur Vagabonde.

http://www.actes-sud.fr/contributeurs/hunt-laird

http://lairdhunt.net/

Le reportage de Cerise Maréchaud

Sur les traces de l'esclavage

On part en Louisiane, au milieu des plaines de canne à sucre, des chênes et des cyprès. Le long de la route, des plantations aux manoirs superbement restaurés évoquent la grandeur insolente du Sud américain, celui d’avant la Guerre de Sécession.

Mais l’une d’elles se distingue : la Whitney Plantation , ouverte depuis moins d’un an. C’est un Musée de l’Esclavage à ciel ouvert. Cela peut paraître évident, mais non. Cent cinquante ans après la fin de la Guerre civile et l’abolition, c’est encore LE SEUL lieu entièrement dédié à cette partie fondatrice de l’histoire des États-Unis.

Pas seulement de l’Histoire d’ailleurs, mais aussi du système et des mentalités.

Pourtant la Whitney Plantation n’est pas un musée national, mais privé...cela confirme combien l’esclavage, qui a pourtant permis l’opulence de l’Amérique, est encore difficile à regarder en face.

Visite donc avec Ibrahima Seck , un historien sénégalais. Il a travaillé sur ce projet essentiel pendant dix ans.

http://www.whitneyplantation.com/

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