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Pour « La disparue de San Juan » éd. Stock En Argentine, officiellement, la dictature militaire a duré de 1976 à 1983. En réalité les exactions, enlèvements, meurtres, tortures avaient commencé bien avant, et n’ont pas totalement cessé après l’élection d’Alfonsin. Ainsi, le mari de Marta Oyanarte, que l’on vient d’entendre s’exprimer en 1989 sur France Culture, a été enlevé en 1985, deux ans après ce que l’on appelle le retour à la démocratie. Et si elle a, depuis, appris sa mort, des milliers de famille attendent encore aujourd’hui de connaître le sort de leurs disparus. 11 000 ont été officiellement déclarés morts sur les 30 000 revendiqués par les Mères de la Place de Mai. En novembre 2000 le journaliste Philippe Broussard enquête en Argentine sur le cas d’une jeune femme, Marie Anne Elize, enlevée en octobre 1976, dont un juge français a été saisi, sa famille bénéficiant de la double nationalité. L’affaire rebondit alors avec un mandat d’arrêt international lancé à l’encontre d’un ancien officier argentin, soupçonné d’avoir été à l’origine de sa disparition. Arrêté en Italie, il sera relâché. L’article paraitra dans Le Monde en décembre. Mais Philippe Broussard ne cessera de penser à celle qu’il appelle désormais Marie Anne, et dont le ravissant visage l’obsède. Il va reprendre son enquête, rencontrer tous ceux qui l’ont connue, reconstituer la vie surprenant de cette jeune fille de bonne famille, catholique fervente, devenue mannequin et assistante sociale dans les bidonvilles. « La disparue de San Juan », paru chez Stock et qui sort en librairie aujourd’hui en est le récit. ### reportage Martine Abat : Au même moment, au Chili, pays voisin de l’Argentine, s’installait la dictature du général Pinochet, après le putsch du 11 septembre 73 renversant le président Allende.Un film revient sur ces événements, il est l’œuvre du réalisateur chilien Pablo Larrain.Il s’intitule « Santiago 73, post mortem » et sort en salles le 16 février prochain.Mario est fonctionnaire à la morgue de Santiago. Son travail : taper à la machine les rapports d’autopsie. Il mène une vie solitaire, mais il est amoureux de sa voisine Nancy, une danseuse de cabaret qu’il épie de sa fenêtre. Des réunions communistes clandestines ont lieu chez elle. On est à la veille du coup d’Etat, des manifestations ont lieu, mais Mario est complètement hermétique à ce qui se passe autour de lui, il ne voit rien. Pourtant l’armée prend le contrôle de la morgue et les cadavres commencent à affluer.Jusqu’au jour où il assiste à l’autopsie du corps de Salvador Allende. Suicide ? Assassinat par balle à bout portant ? La question reste posée encore aujourd’hui à la justice chilienne. Pablo Larrain est né en 76, après donc le coup d’Etat, il a grandi dans une famille marquée à droite, et les événements de 73, ne cessent de le questionner.
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