pour l'exposition Lore Krüger, une photographe en exil - 1934-1944, au Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme jusqu'au 17 juillet

Lore Krüger, photographe en exil
Lore Krüger, photographe en exil © Radio France

En 2008, à l’occasion d’une enquête sur un ancien combattant de la Guerre d’Espagne, une jeune philologue allemande, Irja Krätke, va croiser la route d’une vieille dame étonnante.

Lore Krüge r, née en 1914 à Magdebourg, dans une famille juive athée, a été une traductrice réputée de littérature américaine à Berlin, et a participé, avant-guerre, aux réseaux d’aide à l’Espagne républicaine. Reçue dans son appartement, du côté est de la ville, la jeune femme va découvrir la vie mouvementée de Lore, contrainte à l’exil dès 1933, et devenue photographe de talent à Paris, dans l’atelier de Florence Henri, avant d’entrer en clandestinité dans la France occupée.

Dans une valise, des photos en noir et blanc, les seules qu’elle a pu sauver, démontrent l’exceptionnelle empathie de son regard, son sens du cadre, son goût pour les jeux de lumière.

Un travail manifestement inspiré par l’esthétique moderniste des années 20 et 30 du Bauhaus, mais qui s’apparente aussi à ce que l’on appellera plus tard la photographie humaniste, celle d’un Walker Evans ou d’un Willy Ronis.

Avec le renfort d’une amie, Cornelia Bastlein, Irja Krätke décide de faire connaître la vie et le travail de Lore Krüger. Une exposition va se monter à Berlin en 2015 et son autobiographie sera publiée, malheureusement après sa mort en 2009.

L’exposition est en ce moment à Paris, au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme, sous le titre Lore Krüger, une photographe en exil 1934-1944 .

Une centaine de photos sont accrochées, regroupées en quatre moments : celles réalisées à Barcelone et Palma de Majorque où ses parents se sont réfugiés en 1934 ; celles de Paris alors qu’elle travaille les portraits et apprend auprès de Florence Henri les nouvelles techniques de solarisation de 1935 à 1940 ; à part, un magnifique reportage dans la communauté gitane aux Saintes Maries de la Mer effectué en 1936 ; et ses dernières photos à New York où elle a pu se réfugier en 1941.

L’exposition au Mahj est visible jusqu’au 17 juillet et nous en parlerons ce soir avec Nathalie Neumann, historienne de l’art, spécialiste des femmes photographes de l’entre-deux guerres.

Le Musée d'art et d'histoire du Judaïsme

http://www.mahj.org/fr/index.php

Le reportage de Léa Minod

Maurice Benassayag , dit Momo est un conteur.

Juif séfarade, arrivé en France à 15 ans, il a longtemps hésité à savoir qui il était : ni Marocain, ni Français, ni même vraiment Juif - car chez lui le culte était essentiellement festif.

Il lui a fallu attendre mort de ses parents pour renouer avec le judaïsme : ainé de sa famille, il a du apprendre l’hébreu et les prières mortuaires qui accompagnent le deuil.

C’est alors tout un pan de son histoire qui le rattrape.

Comme Lore Krüger, Momo est un déraciné, d’une autre époque, d’une autre branche du judaïsme.

Et c’est avec lui et son regard de côté que je suis allée visiter l’exposition.

Les archives INA et les extraits sonores

Extraits d’une interview de Lore Krüger

Réalisée par Rémi Thomas, le 6 août 2007

L’entretien, que l’on peut entendre dans son intégralité sur le site du MAHJ, a été enregistré au café Sibylle, près du domicile de Lore Krüger, Karl-Marx Allee à Berlin.

(Rémi Thomas faisait alors des recherches sur d’anciens résistants au nazisme, français et allemands, et recueillait leurs témoignages parlés.)

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