photo2
photo2 © Radio France

commissaire de l’exposition Manet au musée d’Orsay jusqu’au 3 juillet biographie de Théophile Gautier chez Gallimard « Manet, l’héroïsme de la vie moderne ».

Un texte provocateur, alerte, brillant, plein de ces formules hardies qui demeurent, ensuite, dans la mémoire des générations suivantes, même si elles ne savent plus trop à qui les attribuer. « L’art pour l’art », sera le cri de ralliement de jeunes gens chahuteurs, dandys au gilet rouge et aux cheveux longs qui s’étaient retrouvés un soir de février 1830 au Théâtre Français pour y livrer bataille au nom du romantisme et pour Victor Hugo, auteur scandaleux d’Hernani. « L’art pour l’art », la formule est de Théophile Gautier, qui a tout juste 19 ans ce fameux soir, et attendra six ans pour théoriser ses opinions dans sa préface à Mademoiselle de Maupin. Pendant 40 ans le poète d’Emaux et Camées règnera sur la critique littéraire et artistique de son temps.

Découvreur hardi à ses débuts. Digéré par la notabilisation sous l’Empire, il passera, devenu vieux, à côté de la nouvelle génération :Manet, Monet, Renoir, Sisley, Cézanne. Stéphane Guégan, commissaire de la splendide exposition Manet qui vient de s’ouvrir à Orsay, publie en même temps chez Gallimard une magistrale et passionnante somme consacrée à Théophile Gautier et à son temps. De Charles X à la Commune de Paris, un siècle disparaît, un autre se dessine. En cinquante ans la France va passer du carcan de la Restauration à la modernité bourgeoise de la Troisième République. Les artistes seront les accoucheurs de ce nouveau monde. Pour mieux comprendre ce qui permit à Manet et aux impressionnistes de révolutionner la peinture, il est bon de lire cette vie de Gautier qui fut l’un de ceux, avec Nerval et Baudelaire, qui réveilla les esprits de son temps. Stéphane Guégan est, ce soir, l’invité de l’Humeur Vagabonde.

reportage

On retrouve dans plusieurs tableaux de l'exposition Manet, au Musée d'Orsay, une belle jeune femme, posant souvent nue : Méry Laurent. Ce fut la dernière muse de Manet, sa maîtresse, sa confidente. Destin étonnant que celui de cette fille de lingère, mariée à 15 ans à un épicier avant de tout quitter pour tenter sa chance à Paris. Elle croise le chemin de Manet, qui la portraiture durant les dix dernières années de sa vie, mais aussi de Mallarmé, Zola, Proust... Véritable créature littéraire, source d'inspiration pour les artistes, Méry Laurent, aujourd'hui tombée dans l'oubli, intrigue. Reportage dans l'exposition avec Anne Borrel, conservatrice, auteur de "Femmes de Mallarmé" (éditions Lienart), et grande admiratrice de Méry !

Par Baptiste Etchegaray

Les références

L'équipe

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.