La très belle exposition Fantin-Latour qui se tient au Musée du Luxembourg jusqu'au 12 février 2017 est l'occasion de redécouvrir un peintre mystérieux et mal connu

Un coin de table, tableau de Fantin-Latour
Un coin de table, tableau de Fantin-Latour © Hervé Lewandowski / RMN-GP

Homme d’interrogations disait l’historien d’art Jean Jacques Lévêque, en 1996, à propos d’Henri Fantin-Latour, ce qui peut, à l’évidence, s’appliquer à tous les peintres, les bons en tout cas. Mais aussi, plus cruellement, « un Manet (dont il était l’ami) avec moins d’audace ». Et puis vient très vite cette notion de « féminité », que l’on retrouve sans cesse sous la plume des critiques, y compris de son temps. Ce ne sont pourtant pas ses portraits, austères et mystérieux, campés dans des tonalités sourdes et sur lesquels aucun sourire n’est esquissé, qui pourraient signaler une patte féminine. Restent les tableaux de fleurs, ces autres « portraits » pourrait-on dire, tant l’âme des roses, des lilas, des pois-de-senteur, des pensées, semble avoir été capturée par ce peintre inclassable, et qui, en effet, vibrent d’une émotion, d’une sensualité absente de ses autres œuvres. Fantin, fut surtout le peintre du mystère, des émotions contenues, et d’une évidente mélancolie en un temps où l’optimisme était une religion d’état.

En parcourant les salles du charmant Musée du Luxembourg, aux portes du Jardin du même nom à Paris, on se dit qu’au fond on ne savait rien de Fantin-Latour. Certes, tout le monde connaît, grâce aux illustrations de nos livres de classe, ses plus célèbres tableaux, ses compositions de groupe comme l’Hommage à Delacroix ou l’Atelier des Batignolles. Et son si beau portrait de Manet, et certains de ses autoportraits, qui font penser à ceux de Rembrandt. Mais, sur les 150 œuvres présentes pour cette belle exposition, à voir jusqu’au 12 février prochain, une majorité sera une découverte pour la plupart des visiteurs. Fantin est en effet mieux connu en Angleterre, où il a été reconnu très vite, grâce, notamment à sa proximité avec Whistler, qu’en France. Il est vrai que, situé entre les tenants de l’académisme, qui occupaient alors le haut du pavé, et l’irruption de ses amis impressionnistes, dont il détestait la peinture, Henri Fantin-Latour a tracé une route personnelle, évoluant du réalisme au symbolisme, sans appartenir jamais à une école reconnaissable. Pour en parler aujourd’hui avec nous, Xavier Rey, qui est l’un des commissaires de l’exposition, est l’invité de l’Humeur Vagabonde.

Le reportage de Vinciane Laumonier

Visite de l'exposition avec le scénographe, Etienne Lefrançois qui a mis en espace, avec sa partenaire Emmanuelle Garcia, les tableaux de Fantin Latour au Musée du Luxembourg.

Faire la visite avec lui, c’est être attentif aux espaces, aux correspondances créées entre les œuvres, à la manière dont elles se découvrent. C’est finalement décrypter tout ce qui fait l’ambiance d’une exposition et dont on ne se rend pas forcément compte quand on y est plongé.

Les archives de L'INA

-Jean -Jacques Levêque, écrivain et critique d'art : Fantin-Latour,:un homme des interrogations

Les arts et les gens 15.07.1996

-Pascal Bonafoux historien d’art :

L’autoportrait

Quotidien pluriel 20.11.1986

-Alain Borer, écrivain, poète, critique d'art ,spécialiste international d'Arthur Rimbaud

Evoque « Le coin de table » de Fantin -Latour où figurent notamment Verlaine et Rimbaud

20.01.78 Nuits magnétiques

-Pierre- Louis Mathieu, critique d’art

Le symbolisme

DU JOUR AU LENDEMAIN 19/12/1990

-Dominique Boutel lit une lettre de Fantin- Latour adressée à Otto Scholderer (30.08.1876)

L’éblouissement que fut pour lui la découverte de Wagner

Musique Matin 09.04.2011- Dominique Boutel

La programmation musicale:

*Maissiat: Grand Huit

*Richard Wagner :Air d'Isolde (Acte III scène 3) par Birgit Nilsson- Festival de Bayreuth /Direction : Karl Böhm -1991

*The Inspector Cluzo: The run

►►► Aller + loin : Fantin-Latour aurait adoré lui

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