A la fois enquête policière, récit historique et autobiographie doucement ironique, "Le Corps des ruines" se dévore avec un vertige délectable.

L'auteur colombien Juan Gabriel Vasquez à Aix-en-Provence en 2011
L'auteur colombien Juan Gabriel Vasquez à Aix-en-Provence en 2011 © AFP / ULF ANDERSEN / Aurimages

Tout le monde connaît la phrase célèbre –trop célèbre ?- de Faulkner : « le passé n’est jamais mort. Il n’est même jamais passé ». Bien sûr nous savons en être, qu’on le veuille ou non, les héritiers. Mais, sur nos épaules, ce passé pèsera d’autant plus lourd qu’il ne sera pas assumé. Et lorsque sa version officielle apparaît comme trop lisse pour être la simple vérité, alors ce passé obscur, angoissant, aimantera nos imaginations, avides de découvrir l’explication cachée, la main toute puissante qui aura, dans l’ombre, tiré les ficelles de nos émotions et de nos drames collectifs. Ainsi prospèrent les théories du complot partout dans le monde. L’assassinat de Kennedy, le 11 septembre, Apollo sur la lune, Roswell…dans toutes les zones d’ombre de l’histoire, des romans s’écrivent.

Juan Gabriel Vasquez n’en finit pas, lui aussi, de creuser, livre après livre, dans les secrets, les noirceurs et les flaques de sang de l’histoire de son pays, la Colombie, qui n’en est pas avare. D’abord parce que ce passé l’a modelé, et pas seulement ces années terribles de la guerre contre les narcotrafiquants qui l’avaient poussé à l’exil entre 1996 et 2012. Dans son dernier et hypnotique roman, « le corps des ruines » traduit par Isabelle Gugnon, et qui vient de paraître au Seuil, Vasquez nous propose de nous enfoncer, avec lui, dans le délire d’un étrange personnage, obsédé par les coïncidences dans les assassinats de deux hommes politiques de premier plan à Bogota, l’un en 1915, l’autre en 1948. A la fois enquête policière, récit historique et autobiographie doucement ironique, Le Corps des ruines se dévore avec un vertige délectable.

Juan Gabriel Vasquez sera l'un des invités du Festival de Biarritz Amérique Latine le vendredi 29 septembre

Programmation musicale:

DUKE ELLINGTON: Jungle nights in Harlem

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