S’exprimant en octobre 2006 sur France Inter, le commissaire Agostini, responsable d’une brigade anti criminalité, s’interrogeait ouvertement, bien qu’en termes diplomatiques, sur l’efficacité d’une politique consistant à remplacer la police de proximité dans les quartiers dits sensibles, par des unités spécialisées dans la répression et le maintien de l’ordre. Un langage peu conforme à la doxa en vigueur depuis 2002 et l’arrivée Place Beauvau d’un certain Nicolas Sarkozy. Face au discours sécuritaire dorénavant martelé et puissamment relayé par les media, les protestations des habitants des cités et de quelques citoyens indignés, pèsent peu.

Didier Fassin
Didier Fassin © Le Seuil

La parole d’un chercheur aura-t-elle plus d’écho ? Pas sûr. Publié en octobre dernier au Seuil, le livre de l’ethnologue Didier Fassin, « la force de l’ordre », résultat d’une immersion de 14 mois dans une BAC de banlieue, n’a suscité quasiment aucune réaction. Peu d’articles, pas de débats dans les media, aucune réaction officielle. Pourtant son étude des méthodes, du langage et de l’efficacité réelle des ces unités spécialisées dans la surveillance des zones urbaines sensibles, a de quoi permettre une véritable et nécessaire réflexion sur l’utilisation de la police dans notre république. Titulaire depuis deux ans de la prestigieuse chaire Wolfenshon de sciences sociales à l’institut d’études avancées de Princeton aux Etats-Unis.

Le reportage de Judith Soussan :

Un matin de décembre, 4h30, devant la préfecture de Bobigny : comme tous les matins, il y a déjà foule dans la nuit noire. Camerounais, Sri Lankais, Algériens ou Congolais, hommes et femmes, parfois nés en France il y a bien longtemps, avec enfants et bébés, ils sont venus pour effectuer un changement d’adresse ou retirer un document en vue du renouvellement de leur titre de séjour. Quelle que soit la démarche, il faudra faire la queue dans la nuit.

En répondant à l’affluence par un système de tickets rationnés en amont du guichet d’accueil, la préfecture a laissé se mettre en place une situation absurde, humiliante, et source de tensions et de trafics.

La programmation musicale :

- Tom Fire - MC Solaar, Aminata Ndiaye

- Ablaye Ndiaye Tiossane, Marche ou rêve

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