Entre le 17 avril 1979 et le 9 janvier 1979, durant 3 ans, 8 mois et 20 jours, environ 2 millions de cambodgiens, soit un tiers de la population, ont été déportés, affamés, massacrés, torturés, tués au travail, sous l’égide de l’Angkar, appareil dirigeant de sept personnes qui avaient décidé de fonder une nation nouvelle en faisant table rase de la famille, de la religion, de la propriété, du savoir et de l’être humain en tant qu’individu . Et, au contraire de ce qui s’est passé à Nuremberg à la fin de la guerre, ou en ex-Yougoslavie, il aura fallu attendre trente ans pour qu’une justice internationale puisse venir épauler les magistrats cambodgiens dans l’établissement des faits et la recherche des coupables.

La personnalité de Duch, le bourreau en chef du camp S-21 à Phnom Penh, et son procès, amplement couverts par les media, a occulté le fait que les vrais responsables n’ont jusqu’ici ni reconnu les faits, ni été jugés. Il n’en reste aujourd’hui que quatre, Khieu Samphan, Nuon Chea, Ieng Sary et sa femme Ieng Thirith. Pour que leur procès puisse avoir lieu, les enquêteurs de la justice internationale doivent rassembler des témoignages et des preuves pour établir leur responsabilité dans ces crimes contre leur peuple. Travail de fourmi, éprouvant, entravé le plus souvent par le pouvoir en place. Toutes ces équipes sont dirigées par le juge Marcel Lemonde, mandaté par l’Onu. Rémi Laîné et Jean Reynaud sont allés filmer leur travail. Leur film « Khmers Rouges, une simple question de justice », diffusé sur Arte il y a tout juste un mois vient de sortir en DVD, produit par the factory.

Le reportage de Baptiste Etchegaray :

Il a existé un âge d'or du cinéma cambodgien dans les années 1960/70 : près de 400 films ont été réalisés, des grands studios se sont développés ainsi qu'un star-system, des producteurs et des réalisateurs ont connu la gloire... jusqu'à ce que les Khmers Rouges envahissent Phnom Penh. En avril 1975, le cinéma est interdit, les salles sont fermées, des centaines de bobines laissées à l’abandon et la plupart des cinéastes et comédiens sont tués.. Le jeune réalisateur franco-cambodgien Davy Chou, lui même petit-fils d'un des plus célèbres producteurs de l'époque, s'est rendu à Phnom Penh avec sa caméra pour faire témoigner les rares réalisateurs survivants et surtout des spectateurs, des cinéphiles, pour qui ces grands films populaires, dans leur mémoire, vivent encore… "Le sommeil d'or" sortira en salles courant 2012

La programmation musicale :

- Poliça, lay your cards out

- Fred Deshayes, La vie fofilé

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