pour son livreDisent-ils traduit par Céline Leroy et paru aux éditions de l'Olivier

Rachel Cusk Disent-ils
Rachel Cusk Disent-ils © Edition de l'Olivier / Edition de l'Olivier

Juste avant de prendre l’avion pour Athènes où elle doit animer, pendant deux jours, un atelier d’écriture, la narratrice a déjeuné dans un club londonien avec un milliardaire qui envisage de lancer un magazine littéraire. Pendant tout le repas, l’homme lui a raconté sa vie et les projets pharaoniques auxquels il songe.

En face de lui, son invitée se demande si, en fait, il ne rêve pas aussi de devenir écrivain : « beaucoup de gens le veulent, se dit-t-elle, aucune raison de penser que l’argent n’est pas un moyen d’y parvenir ».

A peine assise dans l’avion, son voisin, un grec de petite taille, très bronzé, entame la conversation.

Et lui aussi, très vite, va se livrer, en détails, y compris ses trois mariages. De la narratrice, en revanche, on ne saura pas grand-chose d’autre que ces quelques mots : écrivain, divorcée, mère de deux enfants restés à Londres. Même son prénom, Faye, ne sera donné qu’aux deux tiers du livre. Mais, peu à peu, c’est son portrait en creux qui va se dessiner, en écho aux histoires intimes, drôles, cruelles, étranges, mystérieuses, que lui raconteront tous ceux qu’elle rencontrera durant son séjour athénien.

Le dernier livre de Rachel Cusk vient de paraître aux éditions de L’Olivier qui les publie tous, dans les traductions de Céline Leroy, depuis le célèbre Arlington Park en 2007.

Disent-ils , est le titre choisi en français pour ce « Outline » paru l’an dernier en Grande Bretagne.

Formidable construction littéraire, ironique et impitoyable, sur la comédie sociale, les jeux de rôles que s’imposent hommes et femmes quand il s’agit d’argent, d’amour, de mariage, de notoriété.

Tout est forcément vrai dans ce récit d’un type nouveau où la parole vorace des personnages nous raconte mille et une histoires, mille et un romans, pour finir par faire apparaître, comme une ombre portée sur un mur, la nature profonde de celle qui les écoute. Rachel Cusk a réussi là, avec une virtuosité sidérante, à nous prouver que la vie réelle valait toutes les inventions, à faire un roman avec ce que nous pensons être banal, à nous démontrer que la solitude n’est pas si terrifiante qu’on pourrait le croire avant d’y avoir goûté.

Rachel Cusk est, ce soir, l’invitée de l’Humeur Vagabonde . Michel Zlotovski sera notre interprète

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