pour son livre De face sur la photo traduit par Rosie Pinhas-Delpuech publié chez Actes Sud

Ronit Matalon-De face sur la photo
Ronit Matalon-De face sur la photo © Actes Sud / Ronit Matalon

Esther a seize ans. Elle vit en Israël où sa famille s’est installée dans les années 50, fuyant l’Egypte de Nasser qui a entrepris de pousser à l’exil la forte communauté juive du Caire.

Leur nouvelle vie n’est pas facile : le mépris des juifs ashkénazes envers ces juifs arabes est palpable, les emplois proposés sont misérables, leur logis est une baraque minable dans la banlieue de Tel Aviv.

A l’adolescence, Esther se rebelle. On l’envoie passer plusieurs mois au Cameroun, chez son oncle qui y a monté une entreprise d’import-export et a épousé une veuve, catholique et mère d’un garçon.

Esther va découvrir la vie endogame de la petite colonie blanche francophone, le racisme décomplexé envers les Noirs, domestiques et employés, les amours clandestines et les pauvres secrets des adultes.

Depuis Douala, où le désir d’indépendance agite les esprits, Esther va se souvenir, devant de vieilles photos, de l’histoire tourmentée de sa famille.

En 2013 paraissait en France Le bruit de nos pas premier livre traduit chez nous de l’israélienne Ronit Matalon . Magnifique roman vrai sur l'installation difficile de sa famille en Israël, construit autour de la figure tutélaire de Nonna, grand-mère impotente et aveugle, déchirée par la disparition de son monde familier.

Aujourd’hui est enfin publié chez Actes Sud le roman précédent, De face sur la photo, lui aussi traduit par Rosie Pinhas-Delpuech, articulé autour de photos de famille et de personnages que l’on avait découverts dans Le bruit de nos pas : la Nonna, sorte de divinité tutélaire déchue, la mère, harassée par un travail incessant et la charge des enfants, le père, mystérieux, séducteur et menteur, absent dont on espère et redoute la réapparition.

Ronit Matalon, en creusant ainsi dans sa mémoire, parvient à raconter, au-delà des souvenirs personnels, les rapports entre les communautés séfarades et ashkénazes en Israël, l'échec de l'idéal kibboutznik, et l’atmosphère des années 60, lorsque le système colonial s’effondre et que les jeunes rejettent le modèle parental immuable et hypocrite.

Ronit Matalon, journaliste, poète, écrivain et enseignante à l’université de Haïfa est, ce soir, l’invitée de l’Humeur Vagabonde . Michel Zlotowski sera notre interprète.

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