Une exposition à voir même si, ou plutôt surtout, si vous croyez tout connaître du génie franco-catalan.....

Picasso - Bleu et rose
Picasso - Bleu et rose © Getty

Pablo Ruiz Picasso a 19 ans lorsqu’il débarque à Paris, à la Gare d’Orsay, tout juste inaugurée. Le jeune peintre doit exposer une de ses toiles dans le pavillon de l’Espagne érigé pour l’Exposition Universelle. Poussé par son père à le suivre dans une voie académique, celui qui ne va pas tarder à signer Picasso tout court expérimente déjà un nouveau style avec ses amis de l’avant-garde barcelonaise. Ses séjours à Paris, où il choisit de s’installer une année plus tard, vont être déterminants. Imprégné de la peinture des Fauves et des post-impressionnistes, payant son tribut à Van Gogh et Toulouse-Lautrec, bouleversé par la hardiesse du Bain Turc d’Ingres exposé en 1905 pour la première fois, Picasso va traverser six années décisives durant lesquelles se forge son identité artistique et se bâtit sa célébrité.

Au Musée d’Orsay se tient jusqu’au 6 janvier 2019 l’exposition Picasso. Bleu et Rose qu’il ne faut manquer sous aucun prétexte même si, ou plutôt surtout si vous croyez tout connaître du génie franco-catalan. Outre la stupéfaction ressentie devant ces toiles incroyables réalisées par un gamin de 20 ans, on peut y découvrir pour la première, et vraisemblablement la dernière fois de notre vivant, des chefs d’œuvre qui éclairent les sources et les obsessions de l’artiste. Des chefs d’œuvre qui, à l’époque, jugés trop mélancoliques, voire morbides, ont eu du mal à se vendre et qui, aujourd’hui, valent des centaines de millions de dollars. 

Laurent Le Bon, président du Musée Picasso est le commissaire général de cette passionnante exposition

A noter également  l'exposition Picasso. Chefs-d’œuvre ! qui se tient au Musée Picasso juqu'au 13 janvier 2019.

Guillaume Apollinaire :

L’espace d’une année, Picasso vécut cette peinture mouillée, bleue comme le fond humide de l’abîme et pitoyable.

Laurent Le Bon :

Au fond, Picasso nous parle d'aujourd'hui , on y voit des migrants , on y voit des pauvres, on y voit la société qui l''entoure.

Ce qui caractérise Picasso, c'est qu'il est vraiment fort sur la durée; on a vu tellement d’artistes, qui, au moment où ils vont basculer dans un confort matériel, voient leur production s'étioler. Picasso, avec cette terrible période bleue et rose, s'est forgé une carapace, et ,même milliardaire, il travaillera  sans assistant, dans un grand désordre et créera de manière différente jusqu’à sa mort en 1973.

Les archives de l'INA :

  • Pierre Daix : Picasso s'est tout de suite situé à l'avant garde, et au beau milieu d’un très grand succès en  1901 , il a eu le courage de tout briser pour s’engager dans la « misère bleue  » et  a crevé de faim pendant 3 ans 
  • Cocteau a dit de Picasso qu'il désarçonnait  les gens car il allait plus vite que la beauté : Les arts et les gens du 25 janvier 1988 - Pierre Descargues
  • Daniel-Henry Kahnweiler : Picasso a toujours vécu dans la nostalgie de  la vie au bateau lavoir- Entretien Francis Crémieux (1961)
  • Fernande Olivier : La vie au bateau Lavoir avec les amis poètes  Le cubisme et son temps (1961), Paule Chavasse 
  • Lecture de Guillaume Apollinaire, « Les Jeunes : Picasso, peintre », article publié dans La Plume le 15 mai 1905, Le texte et la marge du 10 décembre 1971
  • Fernande Olivier : L'influence de sa terre natale, de l'ARAGON sur son cubisme. _Les rêves perdus de Fernande Olivier (_1957)

Retour sur la playlist du mois d'avril  concoctée avec notre programmateur Djubaka :

  • Gary Jules, “Mad World
  • Aretha Franklin, “Bridge Over Trouble Water
  • Rosemary Standley et Dom La Nena, “Birds on a Wire”
  • Joni Mitchell, “All I Want
  • Sarah Vaughan, “September Song
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