Iphigénie, c’est un monde à l’arrêt. Alors que la flotte grecque s’apprêtait à mettre les voiles vers Troie, le vent est tombé brutalement, mettant en panne la machine de conquête. Consulté en secret, le devin Calchas révèle le seul remède à la crise : sacrifier aux dieux la jeune Iphigénie, fille d’Agamemnon.

Le metteur en scène Stéphane Braunschweig avec "Iphigénie" de Jean Racine aux Ateliers Berthier - Théâtre de l’Odéon.
Le metteur en scène Stéphane Braunschweig avec "Iphigénie" de Jean Racine aux Ateliers Berthier - Théâtre de l’Odéon. © Maxppp / PHOTOPQR/L'ALSACE/LOOS

Etrangement, il y a quelque chose d’infiniment réconfortant à se retrouver plongé.e dans les terribles histoires de nos grands ancêtres les Grecs. Ils se tuent de toutes les façons possibles, se violent, pratiquent l’inceste, l’enlèvement, les tortures sans fin, s’entre dévorent assez souvent et font preuve d’une soif jamais assouvie de puissance sans partage. Et pourtant ils nous font du bien. Catharsis dit-on, purgation de nos passions tristes, c’est certain. Mais il y a aussi le plaisir d’arpenter encore et encore ces territoires que nous connaissons depuis toujours. L’Illiade et l’Odyssée, le théâtre d’Eschyle et de Sophocle, qui nous a donné celui de Shakespeare et de Racine. Jusqu’à finir par s’avouer que nous nous sentons chez nous parmi ces assassins aux figures si familières….

Et d’ailleurs, que savions nous d’Iphigénie ? Nous la pensions sacrifiée à Aulis, sur les rives de la mer Egée, afin d’obtenir des dieux l’arrivée des vents qu’attendaient depuis trois mois les navires grecs au début de la guerre de Troie. En 1674 Racine tire prétexte de sa brève histoire pour bâtir une tragédie dans laquelle, contrairement à ses autres pièces, il n’y a pas de héros véritable et où une pulsion de mort exacerbée habite chaque personnage jusqu’au vertige. Stéphane Braunschweig, depuis toujours, se disait fasciné par ce texte complexe, rarement monté au théâtre. Sans parvenir à en trouver la porte d’entrée. C’est durant le confinement, en marchant solitaire dans ce monde à l’arrêt, que le chemin d’accès à cette planète à part de la galaxie racinienne lui est apparu. Son Iphigénie, en mode covid, se joue à l’Odéon/Ateliers Berthier jusqu’au 14 novembre. 

Courez-y. Ca fait un bien fou de retourner au théâtre 

Pour aller plus loin :

La voix de Daniel Jeanneteau est extraite de l'émission "Profession spectateur" du 07 avril 2001  archive INA 

La programmation musicale 

Sur la place de Dom La Nena, Rosemary Standley et  Birds On a Wire

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