[scald=9681:sdl_editor_representation]L'histoire a parfois de drôles de façons de bégayer. Aujourd'hui si vous dites 11 septembre, tout le monde pense à l'apparition spectaculaire d'Al Quaida sur nos petits écrans. Mais, pour toute une génération, celle qui, à la fin des années 60 était en âge de rêver à un monde meilleur, le 11 septembre restera à jamais le sanglant anniversaire du Chili de l'Unité Populaire. Ce jour de 1973 où conseillés, payés, armés et poussés par les conseillers du Président américain, les militaires de la plus vieille démocratie du continent sud américain renversèrent le régime légal de Salvador Allende. Le Chili entrait ce jour-là dans la nuit de la dictature, synonyme de disparations, de tortures, de morts, d'humiliation et de malheur. Un an plus tard, le 5 octobre 1974, la police de Pinochet, renseignée, encerclait une petite maison bleue dans un quartier tranquille de Santiago. Miguel Enriquez, dirigeant du MIR, qui y vivait dans la clandestinité avec sa compagne, Carmen Castillo, alors enceinte de huit mois, fut abattu dans l'assaut. Grièvement blessée, laissée sur le trottoir où elle se vidait de son sang, Carmen ne dut la vie qu'à un voisin qui, en dépit des policiers, appela une ambulance, puis à la solidarité du personnel hospitalier qui fit savoir à sa famille qu'elle était vivante. Expulsée du Chili après une campagne de protestations, elle attendra plus de dix ans avant de pouvoir y revenir voir son père malade. Comment vit-on après la mort de ceux qu'on aime, dans l'exil, la perte, la culpabilité ? Comment donner du sens à tant de souffrances alors que le Chili semble avoir tourné la page ? Carmen Castillo a écrit des livres, tourné des reportages pour tenter de chercher ses réponses. Mais c'est avec "Rue Santa Fe", son premier long métrage qui sort demain en salles en France, qu'elle semble être enfin parvenue à se réconcilier avec son histoire. "La vie et rien d'autre" par Julien Cernobori. Nous retournons ce soir au Café social qui est situé en plein cœur du quartier de Belleville, à Paris. Le café social c’est un lieu, très beau, qui accueille les chibanis, c'est-à-dire des immigrés âgés du Maghreb qui passent leurs vieux jours en France. On y rencontre des hommes surtout, qui prennent une tasse de thé ou de café, ou qui jouent aux cartes ou aux dominos. Et en face de l’entrée, tout près de la cuisine, il y a une grande table où quelques femmes se retrouvent pour bavarder. C’est là que Julien a fait la connaissance d’une petite dame rousse avec des lunettes qui se prénomme Khadija. Khadija lui a raconté son histoire, l’histoire d’une vie minuscule entre Fez et Paris, un récit qui résume une soixantaine d’années de travail et d’ultramoderne solitude. Deuxième épisode : l’oiseau sur la branche. Café Social Association Ayyem Zamen 7, rue de Pali Kao 75020 Paris tél : 01 40 33 25 25

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