pour« Moi René Tardi, prisonnier de guerre au stalag IIB », aux éditions Castermann

La tonte, la douche et la désinfection, l’immatriculation et puis, devant soi, le temps qui s’étire à l’infini, avec l’ennui, la faim, la promiscuité, les coups, les humiliations, le froid, la saleté, les poux et la dysenterie. Comme René Berton, ancien sous officier détenu cinq ans au stalag 17B, ils seront 1 million 600 000 prisonniers français à être ainsi parqués comme du bétail dans les dizaines de camps ouverts à l’est par les vainqueurs. Avec des Polonais et des Russes, beaucoup plus mal traités, puis, plus tard, des Anglais et des Américains. Mais avec, en plus, la honte au ventre d’avoir été vaincus avant même de se battre, mal préparés, mal équipés, souvent lâchés par les officiers. Une honte qui les poursuivra longtemps, une fois rentrés au pays.

"Moi René Tardi..."
"Moi René Tardi..." © Radio France

Tardi le pacifiste, qui a réalisé ses livres les plus forts sur la boucherie de 14-18 à laquelle son grand père a participé, et sur l’écrasement sanglant de la Commune en 1871, s’est décidé, il y a un peu plus d’un an, à plonger dans les trois petits cahiers que son père René Tardi, engagé en 1935, avait fini par rédiger à sa demande au début des années 80. Il y relatait sa guerre, son long emprisonnement en Poméranie, et son difficile retour vers la France après la capitulation allemande. Le fils y a enfin compris les raisons de la colère et de l’amertume du père qui lui avaient tellement pourri la vie, adolescent. Et l’auteur s’est lancé dans un nouveau récit au long cours puisque ce dernier livre, qui vient de paraître chez Casterman, « Moi, René Tardi, prisonnier de guerre au stalag IIB » sera le premier tome d’une série sur l’histoire de sa famille.

Le reportage de Caroline Gillet:

Dans l’atelier de Tardi, où celui-ci dessine et où il range la centaine de livres qu’il utilise pour se documenter. Il y a aussi sur sa table de dessin, les quatre carnets laissés par son père... Ce dernier y a rédigé le récit de ses années de prisonnier.

Jacques Tardi
Jacques Tardi © Radio France

Photo: la table de travail de Tardi, les cahiers rouges et bleus sur la droite sont ceux laissés par son père, en arrière plan, on aperçoit les planches sur lesquelles il travaille en ce moment.

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