Dominique Manotti est ce soir l'invitée de l'Humeur Vagabonde pour "Le rêve de Madoff", à paraître le 6 juin 2013 aux éditions Allia

"Le rêve de Madoff"
"Le rêve de Madoff" © Editions Allia

Le 11 décembre 2008, Bernard Madoff, l’un des courtiers les plus respectés de la place de New York était arrêté par le FBI. Le 29 juin de l’année suivante, il sera condamné à 150 années de prison. Il a reconnu avoir escroqué ses clients grâce à la mise en place d’un système de Ponzi qui aurait drainé 65 milliards de dollars. Mais, aujourd’hui encore, de nombreuses interrogations demeurent : qui savait vraiment ? comment une escroquerie aussi simpliste aurait-elle pu fonctionner trente ans ? d’où sont venus les premiers investissements ? reste-t-il, quelque part, un trésor Madoff ? Pendant ce temps, enfermé dans sa prison cinq étoiles de Butner, en Caroline du Nord, Madoff, traité en star par ses co-détenus et les gardiens, dévore les romans à l’eau de rose de Danielle Steele, des histoires d’amour tumultueuses chez les riches américains.

Un détail qui doit ravir l’écrivain Dominique Manotti dont les romans racontent le monde dans lequel nous vivons, plus et mieux que toutes les pseudo enquêtes des media. Depuis qu’elle a pris sa retraite de professeur d’histoire à Paris VIII, cette ancienne militante politique et syndicale écrit sur ce qui la fait réagir : bavures policières, travail clandestin, magouilles dans le monde du football, affrontements entre groupes industriels, et zones d’ombre de la politique. Elle vient de publier dans la série noire de Gallimard, « l’évasion », inspirée de l’affaire Battisti, et aux belles éditions Allia, un petit texte épatant intitulé « le rêve de Madoff » pour lequel elle s’est glissée dans la tête de l’escroc emprisonné qui rêve d’être rappelé aux affaires par Obama, lui qui connaît si bien les rouages de la crise financière.

Le résumé du livre

Madoff incarne le rêve américain. Issu d'une famille modeste, il a fondé sa propre société d'investissements en 1960 et n'a pas hésité à franchir la ligne de l'illégalité pour pouvoir exaucer son rêve : devenir riche et influent. Appâté par le gain facile, il multiplie les prises de risque. C'est l'époque de la crise des subprimes. Jugé coupable, Madoff est condamné à 150 années de prison.

La quatrième de couverture

"Je tablais sur deux ans de prison, comme dans la jurisprudence des années 80. Je pris 150 ans. Ce fut un tremblement de terre. Rien à voir avec une quelconque justice. On m'a fait un procès en sorcellerie. C'est une habitude chez mes concitoyens : quand ils ne supportent plus de se regarder dans une glace, ils brûlent une sorcière, et repartent ensuite, exorcisés, l'âme en paix et le regard clair. Mais je ne me reconnais pas dans ce rôle de sorcière que l'on veut me faire jouer, à contre-emploi. Je ne suis pas un criminel. Je suis l'un des fondateurs de la nouvelle économie. "

En entrant dans ce "rêve", le lecteur entre dans la peau d'un des personnages les plus décriés de cette dernière décennie, Bernard Madoff. Issu d'une famille modeste, Madoff incarne l'American Dream. Dès 1960, il flirte avec l'illégalité pour devenir ce qu'il a toujours souhaité être : riche et influent. Dans les années 90, grâce à des fonds d'investissements privés, il devient l'un des hommes les plus courtisés de la planète. Mais bientôt, la crise des subprimes ébranle le système. Madoff est jugé coupable. La faillite est totale : il écope de 150 années de prison ferme. À la fois vainqueur et victime d'un système ? L'auteur montre que l'époque ne pouvait que favoriser ce type d'escroquerie. L'ère Reagan, en supprimant les contrôles, facilite les transactions. Madoff n'est que le maillon d'une chaîne, l'un des noeuds d'un système qui avait déjà tissé sa toile : la puissance du marché. S'il est économique, politique et social, le prisme adopté par l'auteur est aussi personnel : reclus en prison, Madoff déroule sa propre vie sous forme de flash-back. Et cette vie, qu'il aura voulu héroïque, n'est que le symptôme d'une culture qui a fait de son émergence un mythe fondateur : celui du pionnier, de l'aventurier.

L'actualité de Dominique Manotti

  • Le 06/06/2013 àDijon à 21H00 : Débat avec les lecteurs dans le cadre du festival Clameur(s) Les voix sont livres - Le 14/06/2013 à Paris : Rencontre littéraire avec des auteurs ayant participé au festival Des nuits et des jours de Querbes à la librairieL'Humeur Vagabonde (44 Rue du Poteau, 75018 Paris) de 17H00 à 19H00 - Le 22/06/2013 Saint-Maure-des-fossés : Participation au festival Saint-Maur en Poche, Parvis de Saint-Maur-Créteil - Le 23/06/2013 Vitry-sur-Seine : Forum Libération Va voir, va savoir. Participation au débat "Genre policier, pourquoi tant d'engouement" de 16H00 à 17H30. MAC/VAL, Vitry-sur-Seine

Le reportage de Julien Cernobori à Londres, dans la vie quotidienne de jeunes traders français de la City

Ils ont une petite trentaine d'années, ils sont célibataires, ce sont déjà de gros poissons dans le monde de la finance internationale. Que se passe-t-il dans leurs cerveaux, juste après le travail et avant d'aller au pub ?

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