Harry Parker est un revenant. Capitaine de l'armée britannique, il saute sur une mine en 2009 et est amputé des deux jambes. Il raconte son histoire dans "Anatomie d'un soldat".

Soldat britannique en Afghanistan (image d'illustration)
Soldat britannique en Afghanistan (image d'illustration) © AFP / Thomas Coex

Ce jour-là, de très longs mois après avoir sauté sur un engin explosif dans un pays lointain où s’éternise une guerre ingagnable, puis ramené, moribond, dans un hôpital en Angleterre où il a été amputé des deux jambes, le capitaine Tom Barnes va recevoir, avec d’autres soldats blessés sur ce même théâtre d’opérations, une médaille qu’il rangera avec d’autres, dans un tiroir, à peine de retour chez ses parents.

Cette cérémonie, à laquelle il assiste, plein de honte et de douleur, nous est racontée par cette médaille, tout comme sa guerre, sa blessure, ses opérations, sa lente récupération et son retour à une autre vie nous sont relatés par 45 objets banals, ceux de son paquetage, ceux de l’hôpital, de son nouvel environnement, et pour finir par ses prothèses en fibre de carbone avec lesquelles, au dernières pages de ce livre prenant, Tom Barnes s’apprête à aller courir dans un parc, comme un jogger presque normal.

Anatomie d’un soldat traduit par Christine Laferrière, paru en septembre dernier chez Christian Bourgois, est le premier livre d’Harry Parker, engagé en 2007 en Irak, puis en 2009 en Afghanistan, où il sera affreusement blessé, comme son double de papier.

Un livre composé de 45 chapitres qui racontent chacun, dans le désordre, par la voix d’un objet, un moment de l’histoire d’un homme qui a surmonté ce à quoi il ne devait pas survivre.

Un livre qui, pour son auteur, n’a pas servi de thérapie comme on pourrait le croire, mais qui, au contraire, n’a pu être pensé qu’après son retour dans la vie. Une vie autre, certes, mais à laquelle, dit-il, il ne changerait rien.

D’une écriture élégante, sans le moindre pathos, très différent de tous les livres écrits par des vétérans des guerres du Moyen Orient, cette Anatomie d’un soldat marque la renaissance d’un homme et la naissance d’un écrivain. Harry Parker, qui a rencontré ses lecteurs aux dernières Assises internationales du roman à la Villa Gillet à Lyon est, aujourd’hui, l’invité de l’Humeur Vagabonde.

La programmation musicale :

  • Véronique Sanson Ces moments là
  • London Grammar Ho woman, ho woman
  • Amy Winehouse You I'm not good

L'Humeur Vagabonde vous recommande vivement:

Ceux qui avaient choisi , une pièce de CHARLOTTE DELBO mise en scène Boris Herszbojn, à voir jusqu'au 14 juin 2017 au théâtre de la Contrescarpe (Paris 5e)

Un weekend pour penser l’Afrique ! L'Humeur vagabonde vous signale également la tenue du festival « Week-end des écrivains du Monde » organisé par la Columbia University du 9 au 11 juin prochains à Paris.

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