Darina Al Joundi est ce soir l'invitée de l'Humeur Vagabonde pour sa nouvelle pièce "Ma Marseillaise", au Théâtre la Bruyèreà Paris (mise en scène Alain Timar/texte publié à L’avant scène)

Ma Marseillaise
Ma Marseillaise © Théâtre de la Bruyère

En 2007, dans une petite salle à Paris, un choc : une jeune femme en robe rouge, pieds nus, seule en scène, cheveux sombres dénoués, raconte une histoire terrible. La mort du père, la violence des hommes, la guerre au Liban, l’alcool, la drogue, le désespoir, l’enfermement à l’asile, le rire, la peur, le courage, la fuite vers la liberté. Cette histoire c’est la sienne , mais elle en a fait, par la force de ses mots, un récit théâtral, réinventé, magnifié, où l’on rit autant que l’on pleure. Le texte sera publié, l’année d’après, aux éditions Actes Sud, il est intitulé « le jour où Nina Simone a cessé de chanter » .

Depuis 2007, Darina Al Joundi, la jeune femme en robe rouge, a fait du chemin. Son spectacle a tourné longtemps en France et ailleurs. Et sa vie s’est poursuivie ici, comme celle de milliers d’exilés qui espèrent obtenir le droit de vivre et de travailler dans le pays dont ils avaient rêvé durant leurs années sombres.Pas simple, on le sait, d’obtenir des papiers , même quand on possède un dossier de presse de 400 pages censé prouver son insertion réussie dans la vie culturelle de son pays d’accueil. Pas simple non plus de regarder celui-ci, patrie autoproclamée des droits de l’homme, de la femme et de la laïcité, s’engluer dans de fumeux débats autour du respect des coutumes ou du port toléré du voile. Darina Al Joundi remonte donc sur scène, pour nous conter sa « Marseillaise » . C’est au théâtre La Bruyère à Paris. Et, ce soir, elle est l’invitée de l’Humeur Vagabonde.

Le résumé de la pièce

Après le succès de « Le jour où Nina Simone a cessé de chanter », Darina Al Joundi nous revient en femme libre, heureuse et combattante. Elle nous parle de l’Orient, de ses hommes, de ses femmes, de son pays, le Liban, elle nous parle de la France aussi… « C'est aujourd'hui, c'est le jour, c'est mon jour. Mon dernier rendez-vous avant la naturalisation. J'en ai bavé pour en arriver là. Mais j'y suis, c'est ça le plus important… »

Le reportage d'Aude-Emilie Judaïque

Portrait de l'écrivaine et féministe May Ziade , en compagnie de Rania Samara , traductrice et professeure de littératures française et arabe à l’Université de Damas et à la Sorbonne Nouvelle.

Dans son dernier spectacle "Ma Marseillaise", Darina al Joundi évoque cette figure fondamentale de la littérature et du féminisme arabe qu'est May Ziade. Elle en parle comme d’une sœur, d’une confidente dont le seul nom lui réchauffait le cœur et lui donnait la force de surmonter les horreurs que la vie mettait sur son chemin. Car du courage, May Ziade n’en manquait pas. Très belle et courtisée par de nombreux prétendants, elle aurait pu mener une vie des plus conventionnelles au service de son mari qu'à l'époque, on appelait "maître". Mais c'était une rebelle ! Elle était issue de cette intelligentzia arabe qui, au début du XXème siècle, goutait au lait et au miel de la capitale libanaise, Beyrouth. May Ziade a donc baigné dans cette émulation artistique et politique : elle était cultivée, elle écrivait des romans et des poèmes en arabe, en français et en anglais, et elle traduisait Byron et Lamartine ! Toute sa vie, elle a milité pour l’éducation de la femme arabe, contre le port du voile, la polygamie, la répudiation ou encore la lapidation des femmes. A l'heure où les intégrismes renaissants nient les droits les plus élémentaires de la femme, il est temps de rendre hommage aux combats des pionnières.

Les liens

Toutes les informations sur la pièce sur le site du Théâtre de la Bruyère

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