Exposition « la France de Raymond Depardon » à la BNF site François Mitterrand jusqu’au 9 janvier 2011 livre-coffret coédition BnF/Le Seuil ouverture à Paris du BAL, nouveau lieu dédié à l’image-document avec « Anonymes. L’Amérique sans nom : photographie et cinéma » jusqu’au 19 XII.

Il nous fallait bien un philosophe – en l’occurrence Jean Paul Dollé en 2002 sur France Culture - pour mettre des mots inspirés sur nos ennemis les ronds-points, ces non-lieux se multipliant sur nos routes comme escargots après la pluie, et dont les ornementations vont généralement du hideux au kitch. En vingt ans le paysage français a été bouleversé, les routes perdant leurs arbres et les carrefours gagnant ces époustouflants ronds-points. Les abords des villes finissant par tous se ressembler, entre parkings, supermarchés, centres commerciaux et panneaux publicitaires. Les petites villes et les villages voyant leurs commerces de proximité fermer les uns après les autres.

Pour nous aider à y voir clair derrière toute cette laideur envahissante, il nous fallait un œil attentif, patient, sans préjugé, j’allais dire tendre, en tout cas talentueux, celui de Raymond Depardon. Cinq années passées à sillonner la France dans son petit camion, avec une chambre photographique sur un trépied, à l’écart des circuits patrimoniaux comme des trop célèbres banlieues. Il en résulte aujourd’hui une exposition de 36 tirages argentiques en couleurs de 1,60x2m à la BnF site François Mitterrand à Paris jusqu’au 9 janvier, et un superbe livre-coffret, « La France de Raymond Depardon », coédité par Le Seuil et la BnF. Raymond Depardon est, ce soir, l’invité de l’Humeur Vagabonde.

reportage

Judith Soussan :

Quelles voix, quels sons, quelle vie se cachent derrière les devantures colorées, souvent vides, qui peuplent nombreuses le parcours de Raymond Depardon? J’ai jeté mon dévolu sur deux photos, et je suis allée sur place, à Calais. Sur la première, à l’angle de deux rues, une enseigne saute aux yeux : on y lit, en grosses lettres, « Chez Daniel », puis « café ». D’autres enseignes de part et d’autre de celle-ci disent « Presse », « Kronenbourg » et encore « La voix du nord ». Le rouge carmin de l’une contraste avec le jaune vif de l’autre, et avec le bleu dur de la porte. Il n’y a pas âme qui vive. Sur la seconde, qui figure également un coin de rue, voici une enseigne mauve et légèrement désuète : « Coquine, institut de beauté ». Un visage de demoiselle un peu naïf la décore. Ici, c’est le rouge du sens interdit et de la porte de garage voisine qui vient jurer avec les tons rosés de la porte et de l’enseigne, tandis que les murs alentour demeurent gris, inexorablement.

oeuvre(s)

  • Paysans

    De Raymond Depardon

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