pour le CD "At peace" (No Format)

Porteur de mondes, une expression trop belle pour ne pas l’emprunter à Frédéric Deval, directeur artistique de la Fondation Royaumont discographie, qui a initié l’association musicale entre Ballaké Sissoko et le groupe mauritanien Diddal Jaalal. C’était en 2006. Mais depuis toujours, le griot malien a pratiqué le partage de la musique à condition qu’il signifie également rencontre d’amitié. Dans cette belle aventure il y a eu des Iraniens, des Italiens, des Brésiliens, des Américains, des Français et beaucoup d’Africains bien sûr, chanteurs et musiciens, pour partager les résonances poétiques de la kora de Ballaké. Parmi eux le violoncelliste Vincent Segal, rencontré en 2005, est devenu comme un frère pour lui.

At peace
At peace © Radio France

De cette rencontre sans doute écrite de tout temps est né en 2009 le sublime album « Chamber Music », récompensé par une Victoire de la Musique et suivi de plus de 200 concerts à travers le monde. Depuis, nous nous languissions dans l’attente d’un autre CD. C’est chose faite avec « At peace », sorti en octobre dernier chez No Format. Pas une vraie suite, ce serait faire injure à ces deux puristes de la musique non formatée, mais une continuité sur cette route que le koriste malien trace à travers les sonorités qu’il aime. En solo, en duos, en trio et en quintette, avec des guitares africaines, à 6 et 12 cordes, avec un balafon et bien sûr le violoncelle de Vincent Segal, Ballaké Sissoko nous propose un voyage dans son monde de partage et d’harmonie.

Le reportage de Gladys Marivat

La semaine dernière dans le métro, une jeune femme qui portait une kora a été assaillie de questions sur son instrument par des voyageurs. "C'est un violoncelle ? C'est fait en quoi? C'est quoi une calebasse ?" En tant que journaliste, je me devais de répondre à ces questions. Alors, bien sûr, je me voyais déjà rencontrant des griots au Mali, en Guinée, au Sénégal. Bon, la conjoncture économique m'a forcée à revoir mes envies de voyage à la baisse. Direction l'Oise, à deux heures de Paris où vit Kora Kaelig. Il est Breton et est tombé dans la musique tout petit, à trois ans. En vrai autodictate, il a appris à jouer tout seul et à fabriquer ses instruments : des violons, des guitares et même des koras. D'ailleurs, il en a même fait pour Ballaké Sissoko. Le monde est vraiment bien fait. Rencontre paisible avec la kora.

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