pour son livre L'idée ridicule de ne plus jamais te revoir - traduit par Myriam Chirousse - paru chez Métailié

Rosa Montero-L'idée ridicule de ne plus jamais te revoir
Rosa Montero-L'idée ridicule de ne plus jamais te revoir © Métailié / Rosa Montero

Non, ce n’est pas un livre sur la mort. C’est un livre qui, à partir de l’expérience de la mort, celle d’un être cher dont la perte sera, l’auteur le sait, irréparable, va traquer la réapparition irrépressible de la vie.

Un livre sur la vie, donc, qui, comme pour chacun d’entre nous, doit faire avec la mort.

Une femme, écrivain, ne sait plus comment reprendre le fil de l’écriture après la disparition de son compagnon. Elle en a perdu l’envie. Un livre lui tombe entre les mains.

C’est le journal tenu par Marie Curie après la mort accidentelle de son époux, Pierre, en avril 1906.

Un petit cahier qui renferme des hurlements de bête, une douleur crue, indicible, dévorante, alors qu’extérieurement la célèbre physicienne montre un visage impassible et poursuit ses recherches sans faiblesse.

Le temps passe, le manque de Pierre ne s’apaise pas, mais les enfants sont là, et le radium dont il reste encore tant à découvrir, et l’été qui arrive, et la vie qui continue, avec, soudain, un nouvel amour qui naît sur les cendres du précédent.

Etrange livre que le dernier publié par la journaliste et romancière espagnole, Rosa Montero .

Loin des précédents, contes fantastiques, récits étranges inspirés de la science fiction, se situant dans un passé lointain ou un futur angoissant,L’idée ridicule de ne plus jamais te revoir , qui vient de paraître aux éditions Métailié dans une traduction de Myriam Chirousse, est un livre dans lequel l’auteur parle sans fard à la première personne. Marie Curie, qu’elle connaissait peu, va, à travers ce journal qui la révèle, lui servir de mètre étalon pour évaluer sa propre vie, ses engagements, son féminisme, ses amours et la place occupée par son métier.

C’est un livre fantasque, virevoltant, rageur et passionné, qui doit sûrement ressembler trait pour trait à celle qui l’a écrit.

Rosa Montero est, ce soir, l’invitée de l’Humeur Vagabonde . Claudine Rimattei sera notre interprète.

Rencontre avec Rosa Montero à la Maison de la Poésie

Samedi 7 février 2015 - 19H00 Rosa Montero – «L’idée ridicule de ne plus jamais te revoir »

Rencontre animée par Kerenn ElkaïmInterprète : Pascale Fougère

http://www.maisondelapoesieparis.com/

L'écrivaine espagnol Rosa Montero au Mexique, novembre 2013.
L'écrivaine espagnol Rosa Montero au Mexique, novembre 2013. © Jose Mendez/epa/Corbis

Le reportage de Léa Minod

Direction, l’Institut Curie, à Paris.

C’était un soir de la semaine, les rues alentour étaient calmes. Devant le pavillon du Radium, quelques rosiers pelés par l’hiver s’attardent. Marie Curie les avait plantés là.

A l’étage, des jeunes chercheurs cherchent encore. Tout est silence, dans la patience des éprouvettes.

J’ai emporté quelques photos de Marie Curie. Ainsi que ces mots dièses, qui tissent une sorte de sous-texte dans le livre de Rosa Montero. « Culpabilité, Place de la femme, Faire ce qu’il faut, Ambition suspecte ». Et d’autres encore...

Font-ils écho à ce que peut vivre une femme scientifique aujourd’hui ?

Geneviève Almouzni répond. Tandis que Maria Casarès lit quelques extraits du journal de Marie Curie.

Extraits diffusés :

  • Extrait du Journal de Marie Curie lu par Maria Casares en 1968 (label l’Encyclopédie Sonore)
  • Extrait du Discours de François Mitterrand lors du transfert des cendres des époux Curie le 21 avril 1995
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