pour son livre Le peuple et les choses : Paris au XVIIIème siècle chez Bayard

Arlette Farge-Le peuple et les choses : Paris au XVIIIème siècle
Arlette Farge-Le peuple et les choses : Paris au XVIIIème siècle © Bayard / Arlette Farge

En 2011 le philosophe Tristan Garcia publia un petit Traité des choses au début duquel il établit cette distinction, à laquelle on ne pense pas toujours, entre choses et objets que l’on donne souvent et à tort comme de parfaits synonymes.

En quelque sorte l’objet est une chose qui interagit avec nous, une chose qui a pour nous son utilité, une signification, un sens.

Depuis une trentaine d’années, et sous l’influence de Michel Foucault pour certains d’entre eux, des historiens ont d’ailleurs commencé à intégrer l’environnement matériel, l’arrière plan formé par les objets du quotidien pour raconter l’histoire vécue par les anonymes.

Archives de police, mémoires, correspondances, croquis de la vie quotidienne, débris minuscules trouvés sur des morts restés sans nom, dans ces cartons fragiles, parfois clos depuis des siècles, gît le murmure du temps passé.

Arlette Farge éprouve toujours la même émotion au moment de dénouer le lien qui entoure un nouveau carton d’archives. Et, parfois, elle y trouve la trace d’une histoire, d’une vie, d’amours contrariés ou de drames demeurés sans écho.

Ses livres, depuis quarante ans, nous ont rendus presque familiers de ces hommes et femmes du XVIIIè siècle, sans gloire particulière, hormis celle d’avoir tenté de vivre en des temps qui n’étaient guère tendres pour la majorité du peuple de France.

Son dernier essai, paru chez Bayard, Le peuple et les choses nous plonge dans ce Paris du XVIIIè siècle bruyant, mal odorant, envahi par les animaux, sillonné en tous sens par des charrois dangereux, où les vies sont précaires et les dangers innombrables.

Pas besoin de reconstitution filmée ni de costumes d’époque, ici les mots sont plus évocateurs que les images hollywoodiennes.

Arlette Farge est, ce soir, l’invitée de l’Humeur Vagabonde .

Le reportage de Léa Minod

Il y a, au coeur de Paris, un lieu de pèlerinage où se retrouvent régulièrement les nostalgiques du XVIII ème siècle : la Chapelle expiatoire, construite à l'endroit exact où Louis XVI fut enterré en 1793.

Cet ancien charnier de la Révolution est aujourd'hui un havre de paix, dans le Paris frémissant de Saint Lazare. Quelques lycéens se bécotent sans même jeter un oeil au fameux monument qui se dresse dans leur dos.

Ce jour-là, notre guide est l'administrateur de la chapelle expiatoire, Aymeric Peniguet de Stoutz, tandis que le Paris d'autrefois résonne sous ses pas.

Le site de la Chapelle Expiatoire > http://www.chapelle-expiatoire.monuments-nationaux.fr/

Les archives de l'INA et les extraits sonores diffusés ce soir

Accroche :

Tristan Garcia : La différence entre chose et objet

Archive INA « Les nouveaux chemins de la connaissance » 13.01.2012 France Culture

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Lecture (par Lucie Akoun )du rapport Federici : Les dommages causés par les vaches sur les Champs Elysées

Archive INA « L’humeur vagabonde » 21.02.2008 France Inter

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Lecture (par Bernard -Pierre DONNADIEU) Louis-Sébastien MERCIER : Les crieurs de Paris

Archive INA « LES CHEMINS DE LA CONNAISSANCE ».14/11/1994 France Culture

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Lecture (par Emmanuel Lemire) Louis-Sébastien MERCIER : Le langage du cocher, propre à chaque quartier de Paris

Archive INA « Une vie une œuvre » 20.07.2003 France Culture

Lecture (par Frédérique Cantrel)Louis-Sébastien MERCIER : La boue et les décrotteurs

Archive INA « Une vie une œuvre » 20.07.2003 France Culture

Lecture (par Emmanuel Lemire ) Louis-Sébastien MERCIER : L’absence de latrines publiques

Archive INA « Une vie une œuvre » 20.07.2003 France Culture

Lecture (par Emmanuel Lemire ) Louis-Sébastien MERCIER :Les afficheurs

Archive INA « Une vie une œuvre » 20.07.2003 France Culture

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Lecture __ Louis-Sébastien MERCIER : Les bourreaux

Archive INA « Le cabinet de curiosité » 21.04.1998 France Culture

Programmation musicale exceptionnelle

- CD1 : Wolfgang Amadeus MOZART "Don Juan " K 527 - La ci darem la mano (Acte I) - Jduo Zerline et Don Juan

avec Cecila Bartoli (Mezzo Soprano) et Bryn Terfel (Baryton Basse, sous la direction de Myung Wun Chung, avec l'orchestre de l'Académie Sainte Cecile de Rome

Album Don Giovanni, Label Decca (2010)

- CD2 : Jean-Philippe RAMEAU "Plainte d'Orphée :Suite en sol maj / sol min - Les Sauvages " - version pour piano

avec Alexandre Tharaud au piano

Album Autograph , Label Warner Classics (2011)

- CD3 : Domenico SCARLATTI "Sonate en si mineur " L 449 K 27 pour piano

avec David Greilsammer au piano

AlbumScarlatti et Cage : Sonates , Label Sony Classical (2014)

20h16
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