pour son livreLes Bandits, opéra bouffe en trois actes , traduit par Gabriel Laculli, paru au Seuil

Jorge Volpi - Bandits
Jorge Volpi - Bandits © Seuil / Jorge Volpi

Il y a longtemps que nous sommes devenus les spectateurs de notre propre histoire, telle que la conduisent, puis nous la racontent, les puissants.

Ceux-là qui sont censés nous représenter, nous donner du travail et nous le reprendre, nous dire quoi manger, où et comment vivre, et tout ce à quoi nous devons croire sans nous poser de question.

Avant de cesser de nous y intéresser, il nous est parfois arrivé d’avoir envie de jouer à Zelig, comme dans le film de Woody Allen, et de nous glisser un instant dans la photo officielle pour vérifier que toute cette comédie du pouvoir n’était bien, comme on s’en doutait, qu’un énorme mensonge habillant incompétence, avidité, vanité et intérêts personnels.

Et ces dernières décennies particulièrement, comme l’a avoué récemment un économiste, jamais aussi peu de gens auront réussi à nuire à un aussi grand nombre.

Et, comme d’habitude, c’est à la littérature que revient, une fois encore, de nous faire comprendre ce que tous les experts ont échoué à nous expliquer : comment la finance est devenue, en a peine dix ans, la seule vraie puissance sur la planète.

Les bandits, opéra bouffe en trois actes , traduit par Gabriel Iaculli, vient de paraître au Seuil, signé Jorge Volpi .

Sur le modèle de l’ascension et de la chute de Bernard Madoff, son narrateur décrit sa réussite fulgurante à Wall Street et les sombres arnaques opérées par lui et ses semblables pour amasser toujours davantage.

En fuite lorsque démarre le livre, cet homme, qui étrangement porte le nom de l’auteur, envoie son autobiographie au meilleur agent littéraire de New York.

Dans ce récit, outre son histoire personnelle, cynique et désolante, Volpi raconte la construction du système financier international mis en place dès la fin de la guerre et à laquelle son propre père, économiste d’origine russe, a participé. Guerre froide, espionnage, maccarthysme, affaire Rosenberg, crises financières et trahisons en tous genres, c’est ce monde-là qui a aussi accouché des subprimes.

Jorge Volpi, qui arrive du Mexique, est, ce soir, l’invité de l’Humeur Vagabonde

Le reportage de Rémi Douat

Aujourd’hui, retiré des marchés financiers, un ancien trader raconte sa vie de jeune loup de Wall street...

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