pour la première rétrospective du Cubain Wifredo Lam au Centre Pompidou jusqu'au 15 février 2016

Entrée de la rétrospective Wifredo Lam
Entrée de la rétrospective Wifredo Lam © Georges Meguerditchian / Georges Meguerditchian

Le poète Edouard Glissant, grand connaisseur de l’œuvre de Wifredo Lam , était âgé d’une douzaine d’années lorsqu’il eut la chance de rencontrer, en 1941, des hommes et des femmes, écrivains, artistes, intellectuels, que l’occupation allemande avait chassés de France, et qui se retrouvaient, exilés en transit vers les Amériques, assignés à résidence lors de leur escale en Martinique par les autorités vichystes. André Breton et Jacqueline Lamba, sa compagne, André Masson, Wifredo Lam et sa femme Helena Holzer vont ainsi connaître, durant ce séjour forcé, la revue Tropiques fondée par Aimée et Suzanne Césaire, avec lesquels se nouera une longue amitié.

Le peintre cubain Wifredo Lam, lui, redécouvre, lors de longues promenades dans l’île, la beauté d’une nature tropicale qu’il a quittée depuis près de 20 ans. Breton et Masson repartiront vers New York.

Lam, finalement, rentrera chez lui à La Havane où sa peinture va prendre une autre dimension.

Vue de salle d'exposition Wifredo Lam
Vue de salle d'exposition Wifredo Lam © Georges Meguerditchian / Georges Meguerditchian

LeCentre Pompidou nous offre, jusqu’au 15 février 2016, la première grande rétrospective de l’œuvre de Wifredo Lam depuis sa mort en 1982.

A Paris, au Grand Palais en 2011 comme au Musée Dapper en 2001, ou à Nantes en 2010, de belles expositions avaient déjà eu lieu, mais ici ce sont plus de 400 œuvres qui sont rassemblées, toiles, dessins, gravures, céramiques, dont beaucoup d’œuvres majeures, venues des quatre coins du monde.

Inclassable, Lam a créé un univers reconnaissable au premier coup d’œil, imprégné d’influences africaines, surréalistes, vaudoues, lui qui, dans sa jeunesse espagnole, fut profondément marqué par Matisse, Picasso, Miro et Gris.

Avant de partir pour Madrid, puis à Londres, cette magnifique rétrospective nous offre l’occasion de mesurer l’exceptionnelle créativité de cet artiste singulier.

Catherine David, commissaire de l’exposition est, ce soir, l’invitée de l’Humeur Vagabonde.

https://www.centrepompidou.fr/

Le reportage de Vinciane Laumonier

Visite de l'exposition avec Eskil Lam , fils aîné de Wifredo Lam, qui partage ses propres souvenirs et s'arrête devant les tableaux de son père qui ont marqué son enfance

Archives sonores diffusées ce soir

Edouard Glissant : Lam a vu sous le paysage cubain, la présence africaine et amérindienne

Archive INA :Une vie une œuvre 18.07.2006 -France Culture

Edouard Glissant: A Madrid, il découvre quelque chose qui est autant en lui que la part africaine : l’hispanité

C’est en Espagne qu’il commence à peindre les figures africaines

Archive INA: Une vie une œuvre 18.07.2006

Wifredo lam : Son arrivée à Paris

Archive INA: Après midi de France culture 24.05.74

Aimé Césaire: La Martinique a révélé Lam a lui-même

Archive INA

Daniel Maximin: Lam et Césaire fuient « le paradis raté » qu’est la Caraïbe , c’est le nazisme qui les force à revenir

Archive INA: La librairie francophone 26.03.2011

Hommage à Henning Mankell

Henning Mankell , écrivain et dramaturge suédois, est mort cette nuit. Il se savait condamné par le cancer qui le rongeait depuis des années.

Cet homme, engagé politiquement, que l’injustice révulsait, fraternel et simple, avait créé en Afrique, où il résidait la moitié de son temps, une compagnie et un théâtre. Car il croyait profondément que la littérature, le théâtre, la culture, aident à faire avancer les hommes.

Sans illusion sur l’état du monde, il se disait sûr que l’Europe saurait se sortir de ce que nous avions appelé, empruntant la formule à son beau-père Ingmar Bergman, « l’heure du loup ».

C’était en octobre 2010, dans l’Humeur Vagabonde (extrait)

Son dernier ouvrage Sable mouvant - Fragments de ma vie a paru au Seuil le 17 septembre 2015

Henning Mankell - Sable mouvant-Fragments de ma vie
Henning Mankell - Sable mouvant-Fragments de ma vie © Seuil / Henning Mankell

« En janvier 2014, j’ai appris que j’étais atteint d’un cancer grave. Cependant, ce n’est pas un livre crépusculaire, mais une réflexion sur ce que c’est que vivre. Je me suis promené dans ma propre histoire, de l’enfant que j’étais à l’homme que je suis aujourd’hui.

Je parle d’événements qui m’ont marqué à jamais et d’hommes et de femmes qui m’ont ouvert des perspectives insoupçonnées.

Je parle d’amour et de jalousie, de courage et de peur, de la cohabitation avec une maladie potentiellement mortelle. Je parle des artistes qui vivaient il y a 40 000 ans, des images fascinantes qu’ils nous ont laissées dans les recoins profonds et obscurs des grottes. Je parle du troll maléfique que nous avons engendré et que nous essayons à présent d’enfermer dans la montagne afin qu’il ne s’en échappe pas pendant les cent mille ans à venir. Je parle de la manière dont a vécu et dont vit l’humanité, et dont j’ai moi-même vécu. Je parle de la joie de vivre. Elle m’est revenue après que j’ai échappé au sable mouvant, qui menaçait de m’entraîner dans l’abîme. » H M (Seuil.com)

Autre hommage, à l'écrivain Jean-Marie DROT

Jean-Marie Drot en 2008
Jean-Marie Drot en 2008 © Thierry Ledoux / La Scam

Jean-Marie Drot , écrivain et ancien directeur de laVilla Medicis , s'est éteint le 23 septembre dernier, à l'âge de 86 ans.

L'Humeur Vagabonde a souhaité lui rendre hommage et vous permet de réécouter un de ses entretiens avec Kathleen Evin en 2009 :

http://www.franceinter.fr/em/humeurvagabonde/83510

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