Isabelle Cahn est ce soir l'invitée de l'Humeur Vagabonde pour l'exposition « Une passion française. La collection Marlene et Spencer Hays » au Musée d'Orsay jusqu'au 18 aout 2013

"Une passion française"
"Une passion française" © Musée d'Orsay /

"Qu'est-ce qui fascine dans un tableau? En ce qui me concerne, c'est le sentiment qu'il y a, dans cette oeuvre, quelque-chose qui pense, et qui pense sans mot. Qu'elle me parle sans rien me dire".

C’était une des belles explications qu’aimait donner l’historien d’art Daniel Arasse lorsqu’on lui demandait pourquoi certains tableaux le bouleversaient et d’autres pas. A priori, cette histoire de « peinture qui pense » pourrait faire sourire. Mais, en y réfléchissant, l’expression devient évidente.Il y a en effet une peinture qui nous invite à penser avec elle, qui nous emporte dans la rêverie du peintre, dans son émotion du moment. Donc, oui, cette peinture-là nous parle en silence. C’est, d’ailleurs, ainsi, en prêtant l’oreille à ses pensées, que chacun va se constituer, comme Malraux , son musée imaginaire, choisissant, au hasard de ses rencontres avec les œuvres, sa collection intime, celle qui lui ressemble vraiment.

Seuls quelques amateurs d’art fortunés ont la possibilité de concrétiser leurs coups de foudre. Et rares sont, parmi eux, ceux qui ne les confondent pas avec de simples investissements. Marlene et Spencer Hays forment un couple étonnant qui vient de fêter ses 57 ans de mariage. Au début des années 70, ces Américains ayant réussi dans les affaires, découvrent Paris, ses musées, ses galeries d’art. Ils possèdent déjà quelques tableaux d’artistes cotés chez eux. Mais ils les revendront pour acheter des nabis, moins chers que les impressionnistes, et dont ils aiment les sujets et les couleurs. Aujourd’hui une partie de leur somptueuse collection est exposée au Musée d’Orsay jusqu’au 18 août sous le titre « Une passion française ». Vuillard, Bonnard, Matisse, Degas, Maillol, Fantin Latour, Odilon Redon, Forain…il faut aller voir ces œuvres qui, toutes, nous éblouissent et nous parlent, en silence.

Présentation de l'exposition

Un couple d'amateurs d'art américains, amoureux de la culture française, a réuni pendant plusieurs décennies un ensemble exceptionnel d'oeuvres du XIXe siècle et du début du XXe siècle.

Les liens d'amitié tissés entre les propriétaires et le président des musées d'Orsay et de l'Orangerie permettent aujourd'hui la présentation de cette collection.

Parmi celle-ci se trouve le septième panneau des Jardins publics d'Edouard Vuillard , dont le musée d'Orsay conserve déjà cinq des neufs panneaux, mais aussi des oeuvres de Bonnard, de Ranson, de Roussel, ainsi que plusieurs peintures envoûtantes de Vuillard ou encore des panneaux décoratifs de Maurice Denis ainsi que deux chefs-d'oeuvre symbolistes de Redon. Les années 1860 et la période impressionniste sont bien représentées avec des oeuvres signées Fantin-Latour, Tissot, Caillebotte, Berthe Morisot, Eva Gonzalès . Couvrant un large spectre de la création, la collection se clôt chronologiquement avec Derain, Matisse et Modigliani .

La plupart de ces oeuvres retournent pour la première fois en France, dans leur pays de création. La venue de la collection au musée d'Orsay permettra non seulement de découvrir des oeuvres majeures d'artistes universellement connus mais aussi des trésors plus secrets, témoins du goût sûr et indépendant de leurs propriétaires.

Le reportage de Judith Soussan

Déambulation dans l'exposition en compagnie de Marlene et Spencer Hays, éblouis devant leurs tableaux ainsi mis en valeur dans leur musée favori (Spencer le connaît par coeur et s'y rend quotidiennement dès qu'il est à Paris).On se dirige ensemble vers un tableau: Spencer bifurque, aimanté par un autre. On discute avec Marlene: Spencer s'échappe, happé par une oeuvre ou par un admirateur; et revient.De cette balade enthousiaste et décousue, restent nos conversations devant La boutique du fleuriste , de Bonnard, La Table. La fin du déjeuner chez madame Vuillard , ou encore Fillettes se promenant , de Vuillard...: il y est question d'amour, d'affection et de vieux amis. Merci à Claire Teisseire et Alain Le Gouguec pour leurs voix

Les liens

Toutes les informations sur l'expo sur le site du Musée d'Orsay

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