pour Ceux qui reviennent publié au Seuil

Marylinne Desbiolles
Marylinne Desbiolles © Seuil / Marylinne Desbiolles

Dans certains pays, dans certaines cultures, dans certaines religions, les vivants parviennent à être vraiment à l’aise avec les morts. Pour eux, disparition matérielle ne signifie pas effacement. Alors quoi de plus naturel en somme que de continuer à parler aux disparus, à les écouter, à rire avec eux, à leur demander aide et conseils, à partager encore le boire et le manger, à leur faire entendre la chanson des vivants.

Là bas, les cimetières y sont pleins de vie. De par chez nous cela pouvait se concevoir il y a belle lurette. Mais maintenant que l’on cache la mort loin des yeux de ceux qui demeurent, le cœur, lui aussi, a bien du mal à entendre ces voix officiellement éteintes.

Il reste le rêve, qui sait encore mêler le passé au présent. Et l’écriture, qui nous entraîne à la recherche de ce temps perdu.

Maryline Desbiolles fait partie de ces écrivains précieux, qui vivent loin des scènes médiatiques, et qui, à chaque livre, nous ouvre une échappée sur un paysage surprenant et pourtant familier. Elle travaille la mémoire, la sienne, la nôtre, comme un boulanger malaxe sa pâte. Et après avoir refermé ses livres, quelque chose fermente et lève en nous. Ce qu’elle écrit nous parle d’étrangers que nous sommes à peu près certains d’avoir connus tant ils nous ressemblent.

Son dernier récit-roman, paru au Seuil, s’intitule Ceux qui reviennent. Il commence dans un cimetière, sur la tombe de son père. Et il se poursuit, comme dans une rêverie, entre réminiscences et associations d’idées, sur les traces d’hommes et de femmes qui ont travaillé, aimé, traversé l’exil et la guerre, qui se sont battus pour un monde meilleur et se sont effacés, sans grand bruit.

Maryline Desbiolles est, ce soir, l’invitée de l’Humeur Vagabonde .

Le reportage de Vinciane Laumonier

Koichi Kurita-Original Large
Koichi Kurita-Original Large © Original Large / Koichi Kurita

ExpositionMille Terres, mille vies de Koichi Kurita à l'Abbaye de Maubuisson.

Le matériau de prédilection de Kôichi Kurita est la terre qu’il collecte depuis les années 1990. La première poignée de terre fut celle de son jardin à Yamanashi. Depuis, l’artiste est engagé dans une démarche unique : faire de sa vie un voyage et constituer une Bibliothèque de terres . Il a déjà arpenté la quasi totalité des 3 213 villages et villes de l’archipel nippon pour y faire des prélèvements de terres.

Chaque fragment de terre est minutieusement répertorié, séché, épuré des matières organiques, concassé, parfois tamisé pour obtenir la finesse du pigment. De cette diversité naissent des assemblages de couleurs aux géométries variables : de longues traverses flottantes constituées de carrés.- Exposition Mille terres, mille vies du 12 mars au 5 octobre à l'abbaye de Maubuisson- Exposition Bibliothèque de terres Ile de France du 9 mars au 11 mai au domaine de Chamarande

Merci à Akara Yagi et Nasser Madji pour la traduction

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