Orly Castel-Bloom vient de faire paraitre chez Actes Sud "Le Roman Egyptien" dans lequel elle raconte en quinze histoires douces-amères, tout ce qui l’a construite.

Détail de la couverture du roman egyptien d'Orly Castel Bloom
Détail de la couverture du roman egyptien d'Orly Castel Bloom © Radio France / Actes Sud

Au lendemain de la naissance de l’état d’Israël, et alors que la tension avec les pays arabes est à son maximum, les juifs égyptiens, installés depuis des siècles sur les rives du Nil, se voient contraints à un nouvel exil. Pour ceux qui, socialistes et communistes, partagent l’idéal sioniste des fondateurs du nouvel état, choisir de s’établir dans un kibboutz est un devoir, accompli dans la ferveur et l’enthousiasme. Mais en Israël ce sont les ashkénazes, arrivés d’Europe de l’Est dès l’avant-guerre, qui tiennent le haut du pavé et dirigent l’infrastructure des kibboutzim. Les nouveaux arrivants, jugés trop proches des arabes et demeurés des staliniens convaincus- alors qu’Israël se rapproche des Etats Unis- seront rapidement marginalisés. Ils devront réviser leurs rêves héroïques à la baisse et apprendre à se fondre dans un pays qui ne les comptera jamais au rang de ses héros.

Orly Castel-Bloom est née à Tel Aviv dans une famille d’origine égyptienne. Et le français fut sa langue maternelle jusqu’à l’âge de trois ans.

Ecrire, pour elle, et s’emparer de l’hébreu d’une façon jugée parfois irrévérencieuse, c’est parvenir à se créer un lieu où, enfin, elle se sentirait à sa place, rassurée, légitime. Pas toujours aisé dans un pays éternellement en guerre et traversé d’oppositions raciales, ethniques et religieuses irréductibles. Livre après livre, Orly Castel-Bloom bâtit une œuvre originale, grinçante, drôle et tragique, qui, en utilisant ses propres névroses, ses failles, ses échecs et sa mémoire intranquille, nous parle mieux que d’autres de ce pays où le présent semble toujours tourner le dos à l’avenir.

Elle publie aujourd’hui chez Actes Sud Le Roman égyptien, magnifiquement traduit par Rosie Pinhas-Delpuech, dans lequel elle raconte, en quinze histoires douces-amères, tout ce qui l’a construite.

Orly Castel-Bloom est aujourd’hui l’invitée de l’Humeur Vagabonde. Michel Zlotovski sera notre interprète.

Le reportage d'Elsa Daynac :

On va parler de la langue, de l’organe qui se trouve dans notre bouche. Et puis de toutes ces langues, celles que l’on parle, que l’on écrit, que l’on lit.

Rosie Pinhas Delpuech est entourée de langues depuis son enfance, Le turc, le français, l’allemand, l’espagnol,… et l’hébreu.

Aujourd’hui, elle écrit des récits en français, publiés chez Actes Sud, et elle est traductrice de l’hébreu. Elle suit l’écriture d’Orly Castel-Bloom depuis des années,

Et elle nous explique :

Comment fait-on pour traduire un roman ? Comment pour faire entendre la langue de l’écrivain, dans une autre langue ?

L’angoisse d’Abraham, Rosie Pinhas-Delpuech, chez Actes Sud

La programmation musicale :

  • Mesparrow : Les écrans
  • Natacha Atlas : Oasis
  • Leonard Cohen : You want it darker

La voix de Ronit Matalon est extraite de L' Humeur vagabonde du 1er octobre 2012

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