Depuis la nuit des temps, l’adultère féminin a été considéré comme un crime. Punissable de mort, Tristan et Iseult en savent quelque chose, sinon d’enfermement et de châtiments corporels extrêmes. Aujourd’hui encore, dans nombre de pays, c’est au nom de Dieu le Miséricordieux que l’on invente d’étonnants supplices pour les pécheresses. Bafouer la domination masculine, ridiculiser la virilité de son époux, risquer de récupérer ses biens personnels voire de porter un enfant illégitime, autant d’atteintes insupportables aux fondements mêmes des sociétés. C’est ce que l’historien Pierre Darmon mettait en lumière, en 1981, avec un livre consacré à l’affaire Gabrielle Perreau qui mourut à 28 ans à l’Hopital général en 1696.

Arlette Farge
Arlette Farge © Ed. des Busclats

Après la disparition du Roi Soleil, qui termina confit en bondieuserie, la Régence ouvrit les portes à la licence. Le libertinage des esprits et des corps déborda les classes supérieures et imprégna toute la société, Marivaux en témoigne. Toutefois la liberté des comportements individuels restait un apanage de l’aristocratie et de la grande bourgeoisie. C’est pourquoi notre amie, l’historienne Arlette Farge, infatigable dénicheuse d’archives signifiantes du Siècle des Lumières, s’étonna de trouver les pièces d’un procès pour adultère intenté en 1779 par un ferblantier parisien à sa femme. Pas moins de 17 témoins oculaires y attestaient de la vie licencieuse de la commerçante, dépeinte en personnage de Crébillon, habillée de soieries et parée de bijoux, recevant dans un boudoir ses multiples amants. Son enquête ardente et passionnante est devenue un merveilleux petit livre, « un ruban et des larmes » qui vient de paraître aux éditions des Busclats.

Reportage de Vinciane Haudebourg :

fichés
fichés © Archives Nationales

Exposition "Fichés? Photographies et identification du Second Empire aux années 60 "

Aux Archives Nationales, Hôtel Soubise, Paris.

Avec Pierre Fournié, co-comissaire de l’exposition.

Comment la photographie et le fichage appliqués d'abord à un petit nombre de malfaiteurs à la fin du 19eme, s’étend à des categories de plus en plus larges au 20ème siècle pour au final concerner toute la population française à travers les cartes professionnelles, associatives et puis bien sûr la carte d’identit.

Ces fiches policières, judiciares et citoyennes interrogent notre rapport à l’Etat.

Un rapport nuancé entre repression et protection, résistance et consentement.

La programmation musicale :

- Björk, Crystalline

- Daphné, Où va Lila Jane

- Pauline Croze, T'es beau

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