Le nouveau livre de Gérard Lefort s’intéresse à un drôle de genre, le genre humain, le commun des mortels

Gérard Lefort
Gérard Lefort © AFP / Fred Dufour

Olivier a des insomnies, les pires, celles du petit matin durant lesquelles les ratés, les regrets, les remords, les manques, envahissent la mémoire et repeignent la vie en gris. Jean, lui, était carrossier-tôlier, mais, quelques mauvais choix plus tard, le voici homme de ménage chez un vieux qui lui frôle un peu trop les fesses. Veuf depuis quelque temps, Nicolas refuse de tourner la page, faisant fuir ses derniers amis lassés de son apitoiement sur lui-même. Gilles se sent dorénavant bien mieux dans la clinique psychiatrique où il est interné que dans son foyer où il a laissé femme et enfants. La trop jolie Mathilde est institutrice dans un village de montagne et découvre que ses élèves la haïssent. Laurence se trouve supérieurement laide, se sait plus intelligente que les autres et entre sans cesse dans des rages folles. Et lorsqu’elle pleure nul n’ose lui demander pourquoi. La petite Catherine, elle, aimerait pour ses dix ans pouvoir massacrer ses parents et sa petite sœur qu’elle exècre avec passion.

Ils et elles sont comme vous et moi : banals, ternes dans le regard des autres, sans talent particulier, avec des blessures mal guéries et des pensées inavouables. Ils et elles forment Le Commun des Mortels, matière insaisissable que seuls les écrivains parviennent à travailler, ramenant à la surface des pages les éclats de diamant noir de ces vies que l’on dit trop vite sans intérêt. Gérard Lefort, après Les Amygdales, son précédent roman, dans lequel il creusait l’inépuisable continent noir de la famille bourgeoise, revient avec une peinture en 27 tableaux de notre paysage contemporain. Que voyons-nous vraiment de ces visages, de ces silhouettes que nous croisons chaque jour dans le métro, à la caisse de l’épicerie, à la sortie des écoles ?Le romancier à l’œil acéré leur a imaginé des destinées baroques, cruelles, follement drôles, horriblement tristes, totalement foutraques. Le Commun des Mortels paru aux éditions de L’Olivier est le nouveau livre de Gérard Lefort qui est, aujourd’hui, l’invité de l’Humeur Vagabonde.

Réécouter Gérard Lefort, invité de Kathleen Evin pour son précédent livre "Les amygdales" dans l’Humeur Vagabonde du 24 août 2015

Le reportage de Vinciane Laumonier

Rencontre avec le photographe Frédéric Stucin qui expose ses photographies de passagers de train dans les sous-terrains de la gare Saint Lazare. Des gens de passage, des anonymes attrapés au vol.

Gare St Lazare
Gare St Lazare © Frédéric Stucin

Exposition dans le cadre du projet "La France vue d'ici" qui se déplace à Sète à partir du 24 mai.

Musique de Frédéric Lo

La programmation musicale :

Moby:Natural Blues

Babx et Archie Shepp:Omaya

Father John Misty:Ballad of the dying man

Les archives de l'INA:

Pierre Sansot (Du jour au lendemain -26 décembre 1991)

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