pour son livreBarrès ou la volupté des larmes chez Gallimard - collection L'un et L'autre

Barrès ou la volupté des larmes
Barrès ou la volupté des larmes © Radio France

Cocteau ne demeura pas insensible à son charme gitan, œil oriental et mèche andalouse. Aragon resta longtemps fasciné par sa pensée, mais c’était bien avant qu’il ne rencontre celle de Maurice Thorez. Gide fut séduit et trembla lors de sa première entrevue avec « le prince de la jeunesse », mais leurs deux egos ne purent s’accorder. Breton le condamna à mort –symboliquement- après l’avoir encensé. Malraux ne s’en vanta guère, mais il aimait son style et son panache. Mauriac, chrétiennement, lui trouva toujours des excuses. Seuls Drieu et Montherlant lui demeurèrent fidèles jusqu’à la mort. Et, aujourd’hui, d’ailleurs, à part à droite de la droite, qui le cite et le lit encore ? Même Renan , qu’il crut ridiculiser à jamais, doit compter plus de lecteurs que Maurice Barrès.

Il était donc diablement intrigant de découvrir le dernier livre d’Antoine Billot, tout juste paru chez Gallimard dans la collection L’Un et L’Autre , où il a déjà fait paraître quatre titres, Barrès ou la volupté des larmes . Il y dessine au fil des pages un enfant fragile et nerveux, élevé par une mère neurasthénique dans la campagne lorraine, traumatisé par la guerre de 70 et la perte de la terre natale, et qui décide un jour d’impressionner ses contemporains et la postérité par la plume et la pose politique. Constructeur méticuleux du destin qu’il se choisit, Barrès, pour cela, corsettera sa nature naturellement portée à la volupté et à l’indolence rêveuse. « Tout obtenir pour pouvoir tout mépriser », écrira-t-il à la fin de sa vie. Le livre refermé demeure un drôle de sentiment : celui d’avoir frôlé une ombre inquiète et inassouvie.

Antoine Billot est, ce soir, l’invité de l’Humeur Vagabonde

Le reportage de Lucie Akoun

Vendredi 1er Novembre au Cimetière du Montparnasse. Un micro, des voix, des fleurs et des tombes..

Cimetierre Montparnasse 1er novembre
Cimetierre Montparnasse 1er novembre © Lucie Akoun
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