En 1903, lorsque Picasso s’y installe grâce à son ami Max Jacob, le Bateau Lavoir est une bâtisse branlante, en bois et en briques, avec un unique point d’eau, qui abrite une dizaine d’ateliers où vivent dans une précarité extrême des artistes, peintres, sculpteurs et quelques écrivains, dont certains deviendront des célébrités mondiales comme Matisse, Utrillo, Léger, Derain, Braque, Dufy ou Apollinaire et Mac Orlan. Picasso y peindra les toiles de sa période bleue et y vivra une intense histoire d’amour avec la belle Fernande.

Pablo
Pablo © Dargaud

Ce Paris là, qui va de l’exposition universelle de 1900 à la Grande Guerre, fut le foyer intense de la vie artistique et intellectuelle en Europe, vers lequel tendaient tous les jeunes rêvant d’art et de gloire. S’y côtoyaient riches à millions et poètes faméliques, à Montmartre puis Montparnasse, dans des lieux aujourd’hui disparus ou devenus stations tarifées des cars de touristes. C’est dans ce décor que Julie Birmant , pour le scénario, et Clément Oubrerie, pour les dessins, ont entrepris de nous donner à voir les premiers pas d’un jeune catalan nommé Ruiz Picasso. Ce tome 1 de la BD « Pablo » est sous titré Max Jacob, qui fut le bon génie du peintre débutant. Histoire passionnante, même pour ceux qui croient tout savoir de la légende picassienne.

Le reportage de Lucie Akoun :

Rencontre avec l'auteur de Ta Mère La Pute, Gilles Rochier. Ce dernier vient d'obtenir à Angoulème le Prix fauve Révélation."On était une bande, égaré dans un quartier flambant neuf au début des années 70. Des terrains vagues, des bois, les routes pas encore finies d’être goudronnées. On faisait nos 400 coups. Il y avait les “plus grands” qui nous pourchassaient en mobylettes, pour nous en faire baver dans la forêt. On se chamaillait aussi avec les gamins des cités voisines. On se passait entre nous une compil K7 qu’on écoutait en boucle sur un gros poste. Il y avait des lieux qui avaient une aura de mystère, comme ce trou d’eau noire, dont on disait qu’il avait été formé par un avion venu se crasher. Il y avait aussi cet arrêt de bus qui nous terrifiait : la journée c’était notre point de départ vers le monde, vers Paris, mais le soir, surtout les derniers jours du mois, aucun d’entre nous n’y aurait jamais mis les pieds. La misère pousse à bien des extrémités et la rumeur voulait que pour boucler les fins de mois trop courtes, certaines femmes de la cité y passaient le soir... “Ta mère la pute”, faut pas croire, c’est pas sorti de nulle part comme expression. Et puis il y a eu cette histoire avec la K7... et là, ça s’est mal passé."__Gilles Rochier, Ta mère la Pute, édition 6 pieds sous terre.__lien avec les editions :http://www.pastis.org/jade/

TMLP
TMLP © Gilles Rochier

La programmation musicale :

- Bessie Smith, Careless Love blues

- Zoufris Maracas, Velo au Sahara

- Kitty Daisy & Lewis, Don't make a fool out of me

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