L’herbier du Muséum national d’histoire naturelle de Paris recèle secrets et merveilles : 8 millions de plantes séchées, 350 ans de cueillette et pressage. Marc Jeanson, responsable de l'herbier, nous offre un livre inclassable et luxuriant

Photo prise le 30 mars 2007 d'une page d'un herbier au laboratoire de Phanérogamie (recherche, diffusion des connaissances, gestion des collections) du Muséum national d'histoire naturelle à Paris.
Photo prise le 30 mars 2007 d'une page d'un herbier au laboratoire de Phanérogamie (recherche, diffusion des connaissances, gestion des collections) du Muséum national d'histoire naturelle à Paris. © AFP / STEPHANE DE SAKUTIN

Ces plantes sont notre monde, notre histoire climatique, notre paysage et notre avenir. Depuis près de quatre siècles, comme nous le confiait Odile Poncy, une des responsables de l’Herbier du Museum d’Histoire Naturelle en 2004, les gestes des botanistes sont les mêmes : chercher la plante rare, la récolter avec précaution, la sécher et la presser entre des feuilles de carton, noter à la main le lieu de la récolte et les caractéristiques du végétal sélectionné. C’est Joseph Pitton de Tournefort qui inventa le terme d’Herbier à la fin du XVIIème siècle et occupa le premier la chaire de botanique que créa pour lui Louis XIII à l’endroit exact où s’élève toujours notre Jardin des Plantes. Depuis, ses 124 liasses recensant 6000 plantes ne sont plus qu’une toute petite partie des 8 millions de spécimen qui font de l’Herbier du Museum le plus grand du monde.

Achevée en 2013, la numérisation de l’Herbier offre désormais aux curieux l’accès en ligne à cette incroyable bibliothèque du vivant. Arrivé au Museum un peu par hasard alors qu’il était étudiant en agronomie, Marc Jeanson est littéralement tombé en amour pour ce lieu magique dans lequel flottent toujours les ombres bienveillantes des grands anciens, Jussieu, Commerson, Linné, Saint Hilaire, Lamarck… Aujourd’hui, à 37 ans, devenu le spécialiste mondial d’une tribu de palmiers caryotes à feuilles étroites originaires d’Asie du sud est, il est responsable de L’Herbier national. Il nous raconte, dans Botaniste, un livre délicieux, plein d’histoires passionnantes, écrit avec la journaliste Charlotte Fauve et publié chez Grasset, la vie si riche de nos frères végétaux et de ceux qui vivent en leur compagnie.

Extrait de l'entretien avec Marc Jeanson :

Sans les plantes il n'y aurait pas d’espèce humaine.

"On passe à coté des plantes, jusqu'au jour où l'on change de regard, c'est comme une révélation et l'on voit enfin le végétal pour ce qu'il est parce que cette altérité le rend complètement fascinant et mystérieux." (Dans la vie, cela s'appelle un coup de foudre !)

"Il y a ce contraste entre l’humilité de la collection qui est en face de nous (quelques feuilles, quelques fleurs, un rameau séché, pressé...) et sa  valeur historique patrimoniale, scientifique qui est absolument unique puisque chaque herbier est la réunion de 4 éléments : un botaniste à un moment de l'histoire face à une plante donnée dans un lieu précis et c'est ce qui fait que chaque spécimen est irremplaçable puisque ces 4 paramètres vous ne pouvez pas les recréer aujourd’hui."

Les archives sonores :

  • Visite de l'herbier du Muséum National d'Histoire Naturelle en compagnie d'Odile Poncy, botaniste et chercheur au CNRS. - L’humeur vagabonde, 16 novembre 2004 reportage Martine Abat 
  • Francis Hallé : il faut refaire une définition de l'intelligence qui engloberait tous les comportements intelligents, les nôtres et aussi ceux des animaux et des plantes. Qu’on foute la paix aux arbres ! - De cause à effets, le magazine de l'environnement, 31/12/2017 
  • Patrick Blanc : Ce qui le fascine dans les plantes - Les jardiniers, 30/08/1993 Anice Clément
  • Philippe Morat - L’humeur vagabonde, 16 novembre 2004
  • Jean -Claude Jolinon (alors conservateur des Herbiers au Museum National d'Histoire Naturelle) : Le plus vieil herbier rattaché aux collections nationales est celui de Jean Giraud (XVIème siècle) - Perspectives scientifiques, 01/07/1996
  • Francis Hallé : L'intelligence de la sensitive - De cause à effets, le magazine de l'environnement, 31/12/2017

L'Humeur vagabonde vous recommande chaudement : 

Le Festival Étonnants Voyageurs qui se tient à Saint-Malo les 8/9/10 juin, le très beau programme de ce grand festival est à retrouver ici

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