En 2009 à Leipzig des chômeurs, ouvriers ou fonctionnaires de l’ex RDA, manifestaient pour crier leur désillusion. Vingt ans auparavant, ils faisaient sûrement partie de tous ceux qui, à l’Est, avaient chanté et pleuré de joie lorsque le Mur s’écroula. Aujourd’hui la liberté de penser, de dire, d’aller et venir, inestimable bien, est certes là. Mais les inégalités se creusent, le travail se fait rare, la solidarité a disparu et la fierté de bâtir un monde plus juste a cédé la place à l’amertume des consommateurs frustrés. L’Ouest ne fait plus rêver personne.

Réinstallé à Berlin depuis 2007, après une première expérience ratée, Jean Yves Cendrey trouve désormais dans les contradictions internes de cette ville écartelé entre passé et présent, jeunes et vieux, rêves d’hier et cynisme d’aujourd’hui, de quoi nourrir son écriture grinçante. Après Honecker 21 en 2009, il publie chez Actes Sud, « Mélancolie Vandale » drôlement sous titrée « Roman Rose ». Rien de sucré, on s’en doute, dans ce récit déjanté et caustique de l’errance de Kornelia Sumpf, fille d’un ex employé de la Stasi, interprète à la prison de Moabit, un jour de neige où son vélo lui a été dérobé. En traversant d’est en ouest Berlin, elle prend conscience de son incapacité à surmonter son passé et à s’adapter au présent.

Le reportage de Gladys Marivat :

Depuis une vingtaine d’années, l’Est parisien, au passé ouvrier, artisan et révolutionnaire, s’embourgeoise à toute allure et la nostalgie ouvrière fonctionne à plein régime.

De nouveaux bars concept entretiennent cette mémoire à grand renfort de menus sur ardoise, de vieilles façades et de poêles à charbon. On oublie la vétusté et la misère, on fabrique de l’authenticité sans aspérité. Le 11e arrondissement prend des allures de musée ; des tours opérateurs organisent des visites du Paris populaire où l’on vient regarder les artisans comme on irait au zoo.

Sur Internet, les blogs des « ostalgiques de l’Est Parisien » se multiplient. Parmi eux, le photographe Gérard Lavalette, « Le Piéton de Charonne », lutte contre cette muséification en donnant à voir les artisans passionnés et autres tenanciers de bistrots vraiment populaires qui peuplent encore le quartier.

C’est grâce à lui que nous avons rencontré les frères Hollard, vernisseurs et finisseurs sur bois, dans leur petit atelier passage Lhomme, avant de prendre un café au bar-tabac-bistrot Le Rallye, rue Faidherbe.

La programmation musicale :

- Arthur H, Ulysse et Calypso

- Marlène Dietrich, Où vont les fleurs

- Baxter Dury, Claire

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