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co-commissaire de l’exposition « Archives de la vie littéraire sous l’Occupation » jusqu’au 9 juillet à l’Hotel de Ville de Paris Des voix s’éteignent qui nous ont été si chères, si proches, et tellement nécessaires pour apprendre comment résister à la honte, à l’injustice, à la peureuse indifférence. Des voix, comme celle de Jean-Pierre Vernant, merveilleux helléniste, héroïque colonel Berthier durant l’Occupation allemande, lui qui, le jour même de la Libération de Toulouse, déposa les armes et retourna à ses héros grecs. Des voix comme celle de Jorge Semprun, résistant à 19 ans, déporté à Buchenwald, qui vient de mourir et sera, comme il le voulait, enterré dans le drapeau de la république espagnole pour laquelle il poursuivit la lutte contre le franquisme tout en devenant un magnifique écrivain. Etre un intellectuel, et mettre sa vie en jeu quand il le faut. Il paraît, entend-on, qu’intellectuel est devenu péjoratif aujourd’hui. A voir la télévision, on peut comprendre…. S’il vous plaît, vous qui écoutez cette radio au lieu de regarder le petit écran , allez voir, courez voir une exposition passionnante, intelligente, subtile et tellement instructive qui se tient, jusqu’au 11 juillet, à l’Hotel de Ville de Paris. Son titre, « Archives de la vie littéraire sous l’Occupation » pourrait, à tort, laisser supposer qu’il s’agit d’un tas de vieux papiers poussiéreux, réservés à ces sacrés intellos tant décriés. Ce n’est pas du tout ça : la vie, l’humour, les larmes, les trahisons, les hypocrisies, le courage, la beauté et l’abjection, la mort et la poésie y sont inscrites dans les mots des lettres personnelles, sur les affiches de ces années noires, dans les petits livres parachutés de nuit en France occupée. Les photos nous montrent côte à côte celui qui croyait au ciel et celui qui n’y croyait pas, celui qui vendit son frère et celui qui mourut sans parler sous les supplices pour le sauver. C’est notre histoire, notre pays et la mémoire qui, seule, devrait nous permettre de parler de certains sujets aujourd’hui. Claire Paulhan, à l’origine de cette exposition qu’elle a organisée avec Olivier Corpet et Robert Paxton, est, ce soir, l’invitée de l’Humeur Vagabonde. ### reportage Julien Cernobori : visite sensible de l'exposition "Archives de la vie littéraire sous l'occupation" en compagnie de Robert Bober, écrivain et cinéaste. Robert Bober a publié dernièrement "On ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux" chez POL. ## Les liens [Le site de l'exposition à l'Hôtel de Ville de Paris](http://www.paris.fr/accueil/culture/archives-de-la-vie-litteraire-sous-l-occupation/rub_9652_actu_100476_port_24330)
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