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photo2 © Elisabeth Carrechio /

Pour « Le cas Jekyll », repris au Théâtre National de Chaillot du 10 au 21 mai 2011.

Rediffusion de l'émission du 11 janvier 2010 Jekyll « le bon gars » et Hyde le mauvais génie, tout le monde connaît, même sans l’avoir forcément lu, la nouvelle de Robert Louis Stevenson publiée en 1886. A l’époque, avec notamment Edgar Allan Poe et Mary Shelley, la littérature fantastique anglaise explorait la veine du dédoublement de personnalité, et de la créature infernale échappant à son créateur. Mais l’histoire du bon Docteur Jekyll est sans doute celle qui a le plus d’écho aujourd’hui encore. Freud est passé par là et cette part obscure de nous même que le surmoi et la peur du gendarme musèlent ordinairement, ne nous est plus tout à fait ignorée… Denis Podalydès en avait envie depuis longtemps, Christine Montalbetti le lui a écrit : « le cas Jekyll », dont le texte est publié chez POL, est un monologue époustouflant à voir et à entendre Salle Gémier au théâtre national de Chaillot jusqu’au 23 janvier. Rêve d’acteur, aventure amicale aussi puisque Emmanuel Bourdieu et Eric Ruf, ses complices habituels sont de la partie, « Le cas Jekyll » offre à Denis Podalydès l’occasion d’interpréter deux personnages sous le même crâne. Denis Podalydès, doué d’ubiquité, est donc ce soir l’invité de l’Humeur Vagabonde.

reportage

Martine Abat :Christine Montalbetti a publié aux éditions POL, son sixième roman intitulé « Journée américaine ». L’histoire d’une journée en voiture au côté de Donovan qui rend visite à son ami de toujours Tom Lee qui vit dans un ranch du Colorado. Tom Lee ne se souvient même plus du moment exact de leur rencontre, une évidence alors. Au cours de ce voyage, au travers des vitres de la voiture ou des fast-foods du bord de la route, c’est l’histoire de leur vie à tous les deux qui défile. Les souvenirs, depuis les bancs de l’université, les filles qu’on y a embrassées, l’existence qu’on s’y est inventée, le caractère qu’on s’y est forgé, jusqu’à l’arrivée au crépuscule dans le ranch de Donovan assis sur son fauteuil d’osier comme d’habitude.Dans son écriture Christine Montalbetti multiplie les adresses au lecteur, elle le tient à ses côtés et tisse avec lui un lien de complicité pour regarder ses personnages comme une entomologiste ses insectes. Elle écrit qu’« en voiture on est passif et en même, temps dans le mouvement, on a une bonne, une très bonne raison de rester assis, on fricote avec l’action par le moyen de l’inaction », et c’est finalement exactement comme lorsqu’on lit un bon roman.

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