Déroutant, expérimental, raréfié, âpre….A écouter Nicolas Angelich, qui a enregistré en 2004 ces fameuses « années de pèlerinage », personne ne songerait immédiatement qu’il parle là de Franz Liszt, l’enchanteur, la rock star de la musique romantique, au lyrisme ardent et au brio échevelé, qui faisait s’évanouir les belles dames et cassait les pianos lors de ses concerts publics. Il est vrai que ces oeuvres de la fin sont, pour le grand public, la part immergée du continent Liszt. Plus austères, très intériorisées, elles annoncent la modernité d’un Debussy, d’un Ravel. Assez éloignées de son image d’icône du romantisme.

B Chamayou
B Chamayou © Naïve /

C’est justement ce Liszt-là qui met au défi depuis toujours Bertrand Chamayou, jeune prodige du piano, lui qui a séduit son professeur au conservatoire, Jean François Heisser, par l’audace et la difficulté des œuvres choisies pour son audition. 2011, année du bicentenaire du compositeur hongrois et année de ses 30 ans, lui a paru le bon moment pour se lancer dans l’enregistrement de l’intégrale des années de pèlerinage, sorte d’Everest des pianistes, plus de vingt pièces, composées en près de trente ans par Franz Liszt, et qui représentent trois heures d’écoute. Le CD, éblouissant, édité par Naïve, vient de sortir, et Bertrand Chamayou a été couronné cette année par une seconde Victoire de la musique.

Concerts :

- le 10 novembre à Martigues

- Le 13 novembre à Liège

- Le 26 novembre à l'Opéra de Bordeaux

- Le 28 au Théâtre des Champs Elysées à Paris

- Le vendredi 2 décembre à la MC2 de Grenoble

- Le 11 décembre à Qumper, Théâtre de Cornouaille

- Le 21 décembre à la salle Pleyel à Paris

Reportage de Martine Abat :

Rencontre avec le pianiste Francesco Tristano

Francesco Tristano
Francesco Tristano © Universal /

Francesco Tristano est un jeune pianiste avec un beau CV : Julliard School de New York, conservatoire du Luxembourg puis de Paris. Mais Tristano est plutôt atypique puisqu’il mène une carrière multiple, à la fois pianiste classique, baroque, aimant le jazz, l’improvisation et la musique techno. Dans la recherche de son idéal musical les musiques acoustique et électronique sont étroitement mêlées et son parcours est à l’image de cela, il peut enregistrer du Bach, du Luciano Berio, et jouer aux Trans Musicales de Rennes, au Rex Club ou à Ibiza pour faire danser les clubbers.

Il vient de sortir un disque qui s’intitule BachCage, il y fait dialoguer Jean Sebastien Bach et la musique baroque, à John Cage compositeur mort en 1992.L’album a été enregistré à Detroit avec le producteur de musique électro Mortitz Von Oswald.Les puristes crieront probablement au scandale comme lorsqu’il applique des filtres électroniques sur un menuet de Bach qui nous le fait entendre comme emporté au loin par le vent dans une plaine. N’empêche que le disque nous touche, nous émeut. Parce qu'il crée.

Francesco Tristano sera en concert le 21 novembre à Rouen et le 10 décembre au Rex Club à Paris

Idiosyncrasia
Idiosyncrasia © InFine /

La programmation musicale :

- Franz Liszt/Bertrand Chamayou, Au lac de Wallenstadt

- Franz Liszt/Bertrand Chamayou, Sonnetto 104 del Petrarco

- Franz Liszt/Bertrand Chamayou, Sunt Lacrimae rerum

- Franz Liszt/Bertrand Chamayou, Aux cyprès de la Villa d'Este

- Francesco Tristano/J.S. Bach, Prélude Partita n° 1 BWV 825 (album BachCage)

- Francesco Tristano, Idiosynkrasia (Album Idiosyncrasia édité chez Infine)

- Francesco Tristano/John Cage, In a landscape (album BachCage)

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