Juan Gabriel Vasquez est, ce soir, l’invité del’Humeur Vagabonde.

Juan Gabriel Vasquez, 2013
Juan Gabriel Vasquez, 2013 © Getty / The Washington Post

pour son roman Les Réputations,traduit par Isabelle Gugnon,publié au Seuil.

Juan Gabriel Vasquez - Les réputations
Juan Gabriel Vasquez - Les réputations © Seuil / Juan Gabriel Vasquez

Javier Mallarino a 65 ans et il est temps pour lui de se retourner sur sa formidable carrière, lui qui est devenu le caricaturiste le plus célèbre, le plus redouté, le plus respecté de Colombie. Il a toujours eu une très haute idée de sa fonction : ni compromis, ni accommodements, mépriser les tentatives de séduction et ignorer les menaces.

Et, ce jour-là, alors qu’un prix prestigieux va lui être décerné, et après s’être fait cirer les chaussures au parc Santander, Mallarino va parler, au Théâtre Colon, devant un parterre de sommités journalistiques et politiques, de sa conception du métier.

Il sent qu’il cabotine, qu’il se hausse du col, comme s’il faisait son propre éloge funèbre. Mais, à la fin de cette consécration, le passé, sous les traits d’une frêle jeune femme, va soudain frapper à sa porte : il y a 28 ans, un de ses dessins a détruit la vie d’un député qui se suicidera peu après.

Est-il toujours aussi sûr de sa culpabilité ? D’avoir eu raison ?

Bien sûr, comme pour Le bruit des choses qui tombent et L’Histoire secrète du Costaguana , ses précédents livres, Juan Gabriel Vasquez situe son nouveau roman dans sa Colombie natale qu’il ne cesse, à distance, de raconter, de fantasmer.

Mais cette fois-ci, avecLes Réputations , qui vient de paraître au Seuil dans une traduction d’Isabelle Gugnon, c’est à une réflexion sur le pouvoir de la presse, sur l’urgence actuelle de dénoncer, d’éclairer la vie privée des responsables aussi crûment que leur vie publique, qu’il nous invite. Son personnage, Javier Mallarino est ce que l’on appelle un homme bien, mais détenir un pouvoir sur les autres, et déclencher chez eux peur et révérence, n’est-ce pas vendre son âme au diable ?

Roman élégant, cruel et terriblement d’actualité,Les Réputations est un indispensable antidote à la vulgarité de l’époque.

Juan Gabriel Vasquez est, ce soir, l’invité del’Humeur Vagabonde.

Le reportage de Vinciane Laumonier

ExpositionOscar Munoz au Jeu de Paume

Depuis quarante ans, l'artiste colombienOscar Munoz explore l'univers évanescent de la mémoire. Il travaille avec le dessin, la vidéo et la photographie et ce qui l’intéresse, ce n'est pas l'instant décisif durant lequel la photographie fixe les souvenirs, mais le moment qui le précède, lorsque l’image est en train de se former.

Au Jeu de Paume , sous nos yeux, les images apparaissent et disparaissent, se constituent et s'effacent.

Exposition Oscar Munoz - Jeu de Paume
Exposition Oscar Munoz - Jeu de Paume © Oscar Munoz / Oscar Munoz

Oscar Munoz invente alors une technique fascinante, l’impression sur l’eau avec de la poussière de charbon. Les images flottent, se cristallisent ou s’évaporent.

Une métaphore de la fragilité du souvenir, entre vapeur et dissolution, de la violence de l’oubli dans la lenteur du temps qui passe.

Jusqu'au 21 septembre au Jeu de Paume, Paris.

Site internet du Jeu de Paumehttp://www.jeudepaume.org/?page=article&idArt=2011

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